MARIE, MARION, NACQUART
AIARION.
Ah! te voilà! Je suis venue exprès avant l'heure du repas pour te laver la tête, ma petite blanchisseuse.
MARIE, à part.
Allons, la voilà avec ses grands airs!
MARION
Mais que vois-je! monsieur Nacquart !... Je te rencontre à propos , mon beau procureur !
NACQUART
Votre procureur? c'est-à-dire celui de vos créanciers.
MARION
C'est vrai, mon bon petit Nacquart... C'est égal, je ne t'en veux pas, au contraire ; tu sais bien que j'ai toujours eu de l'amitié et de l'estime pour toi.
MARIE, à part.
Elle le respecte , lui !
MARION
Comment vont-ils, mes créanciers?... Veuxtu être du nombre?... On dit que tu as fait saisir le carrosse d'un marquis... une voiture magnifique... de l'or jusque sur le marchepied ; le roi n'a rien de plus beau, c'est scandaleux... Combien me le vendras-tu?
NACQUART
Je ne le vends pas, je le donne.
MARION , le toisant.
Toi?... Diable, c'est plus cher.
NACQUART, regardant Marie.
Expliquons-nous... Je le donne à celle qui sera ma femme.
I" ÉPOQUE, SCÈîsE X.
M Ali ION.
irest trop rher, n'en parlons ])lus. Ah! la, a nous deus, Marie!... je suis très mécontente de toi... Comment , je te donne à blanchir la plus jolie de mes robes de bal , et tu me la renvoies toute chiffonnée!
MARIK
Madame, je vous assure...
MAUIOX.
Je t'assure que c'est une indij^uite!... tous les plis sont taux... Je m'y connais, peiU-ètre ? De mon temps, nous blanchissions mieux <jue ça.
MARIE
Mais...