‹ Marie, ou, La corbeille de fleurs [microforme]Chapitre 17 sur 34 · MARTE · texte numérisé non relu

MARTE

tard elle n'a pas osé se rétracter, de peur de se dénoncer elle même comme une menteuse infâme.”

Le bruit de cet événement se répandu promptement dans la ville d'Échbourg. Aussitôt tout le monde accourut au château, et en peu d'instants une foule considérable se trouva rassemblée autour de nous. Notre bailli même accourut au jardin. Le greffier, qui s'était trouvé présent quand on découvrit la bague, lui en fit un rapport à l'instant même. Tu ne croiras pas, chère Marie, combien notre excellent bailli fut atterré lorsqu'il apprit cet événement ; car, quoiqu'il se soit montré bien dur envers toi, il est certain que c'est un très brave homme, toute sa vie a fait

reuve d’une incorruptible fidélité à l'équité et aux ois. ‘‘ Je donnerais volontiers la moitié de ma fortune, oui, je donnerais, s’il le fallait, ma fortune tout entière, disait-il avec un accent qui nous perça le cœur, pour que pareil malheur ne me fût pas arrivé ; car c’est une chose effroyable que d’avoir condamné l'innocence.”

Ensuite il promena ses regards sur la foule assemblée autour de nous, et d’une voix solennelle il parla ainsi : ‘* Dieu est le juge suprême, lui seul est infaillible. Les juges mortels sont sujets à se tromper ; car leur perspicacité a des bornes, et malheureïsement il doit arriver souvent que l'innocence succombe et que le crime triomphe. Mais Dieu, ce juge invisible, tient compte de toutes nos actions, pour récompenser les bonnes et punir les mauvaises, quand nous quittons ce monde. Souvent même, comme aujourd hui, il fait reconnaître ici-bas les erreurs de la justice humaine, et il sait toujours, quand il le veut, confondre le crime triomphant et relever l’innocence opprimée.”?

Cet entretien avait conduit Amélie et Marie près de la porte du vieux château.

on ennté

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