‹ Marie-Rose, histoire de deux jeunes orphelinesChapitre 25 sur 79 · A MONSIEUR F · texte numérisé non relu

A MONSIEUR F

l'an des médecins en chef de l'hospice civil et militaire d'Ail en ProTence.

Noble mortel 1 aux jours de ma longue souffrance, J'ai pu t'apprécierl ohl non, linditYérence N'osa m<^mo a])procher de ton cœur généreux ; Jamais tu ne fus sourd au cri du malheureux ; Lorsque, dans sa douleur, il imj)lore ton zèle. N'importe le moment, 1 lieure où sa voix t'appelle; Tu voles aussitcU vers ce triste grabat , Où la force du mal le retient et l'abat;

Tu prodigues tes soins : mais la pauvre victime Que la douleur étreint , que la misère opprime , N ayant pour te payer que des pleurs à fofTrir, Tristement te regarde , et pousse un long soupir. Le malade bientôt se calme à ta parole , Car, loin de temparer de sa dernière obole , Tu lui dis à voix basse , en lui pressant la main : « Reposez-vous sur moi des soins du lendemain. ï»

Ainsi , de lindigent tu deviens la ressource.,

Et lorsque ses besoins ont épuisé ta bourse,

De ton cœur généreux les vœux sont satisfaits.

Pourrais-je énumérer en ce jour tes bienfaits ?

Au mois où la saison au malade est fatale ,

Quand les premiers rayons de l'aube matinale

Chassent l'obscurité qui règne sous les cieux ,

Sans qu'un léger sommeil ait pu fermer tes yeux ,

De ta faible santé faisant le sacrifice,

On te voit parcourir les salles de Ihospice.

Là , tu fais ressentir les effets de ton art .

Du jeune homme à Tenfant , de lenfant au vieillard;

Là , par des soins touchants, tu rends la jeune fille

Aux doux embrassements de sa chère famille ;

A tout convalescent comme à tout moribond

Tu te plais à montrer combien ton cœur est bon.

Aussijquandl'und'enir'eux ferme aujour sa paupière,

Il murmure ton nom , le joint à sa prière

Et ton nom qu'il bénit , de l'autel de son cœur, Ainsi qu'un pur encens , monte vers le Seigneur. Oh ! que ta mission à mes yeux est sublime ! Si de ton zèle un jour tu deviens la victime , Souviens-toi qu'à sa mort l'homme qui fait le bien , î

Loin de redouter Dieu , l'approche et ne craint rien.

Décembre 1849.

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