A MONSIEUR F
l'an des médecins en chef de l'hospice civil et militaire d'Ail en ProTence.
Noble mortel 1 aux jours de ma longue souffrance, J'ai pu t'apprécierl ohl non, linditYérence N'osa m<^mo a])procher de ton cœur généreux ; Jamais tu ne fus sourd au cri du malheureux ; Lorsque, dans sa douleur, il imj)lore ton zèle. N'importe le moment, 1 lieure où sa voix t'appelle; Tu voles aussitcU vers ce triste grabat , Où la force du mal le retient et l'abat;
Tu prodigues tes soins : mais la pauvre victime Que la douleur étreint , que la misère opprime , N ayant pour te payer que des pleurs à fofTrir, Tristement te regarde , et pousse un long soupir. Le malade bientôt se calme à ta parole , Car, loin de temparer de sa dernière obole , Tu lui dis à voix basse , en lui pressant la main : « Reposez-vous sur moi des soins du lendemain. ï»
Ainsi , de lindigent tu deviens la ressource.,
Et lorsque ses besoins ont épuisé ta bourse,
De ton cœur généreux les vœux sont satisfaits.
Pourrais-je énumérer en ce jour tes bienfaits ?
Au mois où la saison au malade est fatale ,
Quand les premiers rayons de l'aube matinale
Chassent l'obscurité qui règne sous les cieux ,
Sans qu'un léger sommeil ait pu fermer tes yeux ,
De ta faible santé faisant le sacrifice,
On te voit parcourir les salles de Ihospice.
Là , tu fais ressentir les effets de ton art .
Du jeune homme à Tenfant , de lenfant au vieillard;
Là , par des soins touchants, tu rends la jeune fille
Aux doux embrassements de sa chère famille ;
A tout convalescent comme à tout moribond
Tu te plais à montrer combien ton cœur est bon.
Aussijquandl'und'enir'eux ferme aujour sa paupière,
Il murmure ton nom , le joint à sa prière
Et ton nom qu'il bénit , de l'autel de son cœur, Ainsi qu'un pur encens , monte vers le Seigneur. Oh ! que ta mission à mes yeux est sublime ! Si de ton zèle un jour tu deviens la victime , Souviens-toi qu'à sa mort l'homme qui fait le bien , î
Loin de redouter Dieu , l'approche et ne craint rien.
Décembre 1849.