A M"' P. DE L
Jeune femme , au regard si doux , Ma mémoire est de toi remplie , Et mon cœur, bien loin qu'il t'oublie , De ton amour devient de plus en plus jaloux.
Eh! qui t'inspira, dis-le moi, De \isiter dans sa retraite Une pauvre femme poëte?
Cette noble action était digne de toi.
Pour mon cœur sans cesse agité.
Ta voix fut un baume , un dictame; Je te vis lire dans mon âme Pendant que j'admirais à loisir ta beauté.
Ton front rayonnait de candeur ; De ta bouche , où toujours repose Le vif incarnat delà rose, Le gracieux sourire exprimait le bonheur.
Dieu du ciel , dis-je alors tout bas, Toi qui créas cette mortelle , A la fois vertueuse et belle , Fais qu'un génie heureux accompagne ses pas !
Que l'époux dont elle a fait choix L'aime , la chérisse , l'adore ; Oui, qu'il puisse longtemps encore Tressaillir de bonheur au doux son de sa voix !