‹ Marie-Rose, histoire de deux jeunes orphelinesChapitre 45 sur 79 · A M. MIGNET · texte numérisé non relu

A M. MIGNET

Membre de i'AcadémJe fraaçaise.

Ton suffrage et ta sympathie Ont su trouver l'asile où coule en paix ma vie ! Le cœur plus ému que surpris Devant une faveur si grande,

Depuis ce jour je me demande Si j'en ai senti tout le prix.

Comment exprimer l'affluence Des sentiments divers que ta noble présence Fit subitement naître en moi?

Je fus de lumière inondée, Car tu réalisais Tidée Qu'on aime à se faire de toi !

Quel calme au dedans de toi-même!

De ton esprit je crois pouvoir t'offrir l'emblème. C'est un fleuve silencieux, Où l'âme en paix se désaltère.

Un lac pur dont l'eau bleue et claire Sans cesse reflète les cieux!

Ta pensée est vaste, profonde.

Et tes écrits que Fart vivifie et féconde Brillent d'une austère beauté.

En vain dans ton esprit sagace L'erreur prétendrait trouver place, Ton idole est la vérité !

Avec quelle mâle éloquence Ta plume en traits concis nous dépeint de la France Les jours néfastes, pleins d'horreur!

Son ignominie et sa gloire Éclatent dans ta noble histoire, Puissante à subjuguer le cœur!

Qui ne répand d'amères larmes

Sur la reine d'Ecosse? en vovant tant de charmes

Et tant de malheurs à la fois Sur une tête couronnée,

Est-ce là, me dis-je étonnée, Est-ce donc là le sort des rois?

Où puises-tu ce beau langage Qui se fait admirer lorsque tu rends hommage A des savants qui ne sont plus, Et que ton pinceau fait revivre, Quand il se plaît à nous décrire Et leurs talents et leurs vertus?

Mais dans ton pays que j'habite, Sais-tu ce qui relève encor plus ton mérite? C'est le saint respect, c'est l'amour Qu'on te voit porter à ta mère, Culte qui doit rendre si fière Celle qui t'a donné le jour !

Heureuse de ta renommée.

Elle peut voir au loin ta gloire proclamée, Entendre louer et bénir Ton nom aussi pur que ta vie !

Ton nom !... un de ceux- que l'envie De son souffle n'ose ternir.

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