‹ Marie-Rose, histoire de deux jeunes orphelinesChapitre 53 sur 79 · L'AURORE · texte numérisé non relu

L'AURORE

Le ciel se colore Sans témoin, sans bruit.

C'est toi, belle aurore, Qui chasses la nuit!

Déjà ta ceinture

Voltige dans l'air, Frôle la verdure, S'y roule, s'y perd.

De ta tresse blonde Les paillettes d'or Jusqu'au sein de l'onde Jaillissent encor.

Pendant qu'en silence Ton char à nos yeux Dans l'espace immense Plane radieux,

Sans souffler trop vite, Un vent frais et pur Te caresse, agite Ton voile d'azur.

Lors, chaque fleurette Prend un air coquet ; Tout est joie et fête Au riant bosquet.

Sous l'épais feuillage, L'oiseau tour à tour Par son doux ramage Annonce le jour.

Et joyeux, le pâtre.

Assis sous l'ormeau, Joue un air folâtre Sur son chalumeau.

Aurore vermeille, C'est pour te bénir,

Qu'au champ tout s'éveille ; Pourquoi sitôt fuir?

Seule, ta présence Fait battre le cœur, D'amour, d'espérance, De calme bonheur!

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