‹ Marie-Rose, histoire de deux jeunes orphelinesChapitre 63 sur 79 · A LA MEMOIRE DE SILVIO PELLICO · texte numérisé non relu

A LA MEMOIRE DE SILVIO PELLICO

D'un fils qui te fut cher la tâche est accomplie;

Celui qui faisait ton orgueil, Le plus noble martyr de ta cause, Italie,

Silvio descend au cercueil !

Sage, dont les écrits renferment tant de charmes Pour ceux qui souifrent ici-bas,

Poëte vénéré, que iie vois-tu les larmes Que chacun donne à ton trépas?

Par la main du malheur, si d'une lie amère

Ton calice, hélas! fut rempli.

Ta mémoire est célèbre, et de toi, sur la terre,

Rien ne peut tomber dans l'oubli.

L'oubli ! ... mais dans quel cœur as-tu cessé de vivre?

Qui donc a pu te dire : adieu?

Bon Silvio, pendant que ton âme s'enivre

De bonheur dans le sein de Dieu ,

Ton souvenir m'occupe, et dans ma rêverie D'où rien ne saurait l'arracher,

Sous les plombs de Venise, ainsi qu'en Moravie, Je vais en esprit te chercher.

Sur tes chaînes mes pleurs coulent en abondance Mais ces pleurs cessent d'être amers.

Quand je te vois bénir et ta longue souffrance, Et la main qui riva tes fers.

Devant la profondeur de ta philosophie Prompte à subjuguer la raison,

Je ne m'étonne pas si tant de sympathie Te suit de prison en prison.

Bonne Zanzé! pieuse et grave Madeleine !.

Pauvre Muet! Schiller! vous tous Dont l'âme tendre a su compatir à sa peine.

Que votre souvenir m'est doux!

Pour prix de ce regard dans lequel il put lire Votre pillé pour ses malheurs,

Chers amis, que vos noms passant de lyre en lyre Restent gravés dans tous les cœurs !

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