‹ Marie-Rose, histoire de deux jeunes orphelinesChapitre 74 sur 79 · La Tcur Magne qui domine la ville de Nirr.es · texte numérisé non relu

La Tcur Magne qui domine la ville de Nirr.es

Combien de monuments , les plus beaux de notre âge , Avant toi rentreront dans le sein du néant !

Chefs-d'œuvre de la main de rhommc, Vous proclamez l'immense orgueil, Le faste de l'antique Rome ; Votre grandeur étonne l'œil Qui vous mesure et vous admire.

Mais que dites-vous au cœur? Rien.

En vous rien ne vit, ne respire, Tandis que devant l'art chrétien

Le cœur se sent ému, s'élève et se souvient Du ciel, sa future patrie.

Editlces pieux où l'orgueil s'humilie, Où le malheureux vient [n-wv.

Bâtis par Michel-Ange ou par Tliumble ouvrier, Dieu vous fait grands par sa présence,

Et vous remplit de gloire et de magnificence. Là tout parle à l'homme des cieux.

Vous, temples consacrés par l'humaine ignorance, Vous êtes morts comme vos dieux!

De mes vieux jours crois-tu que j'aime Te voir prendre à cœur le souci, Tandis que tu ne veux pas même, Cachant les dons que ta main sème, M' en tendre le dire : merci ?

Me taire! est-ce chose facile,

En présence de tes bienfaits,

Que j'énumère en mon asile,

Où d'un bonheur doux et tranquille

Ma muse jouit à tes frais?

Pourquoi prolonger un silence Si pénible, si douloureux, Qu'il ajoute à ma dette immense?

Laisse asir ma reconnaissance,

Ou montre-toi moins généreux.

Contre mon indiscrète muse ïa modestie en ce moment Murmure, s'irrite et m'accuse.

Mais suis-jc à tes yeux sans excuse? J'en appelle à luu dévouement.

Pour l'exalter plus haut encore, 0 mon généreux bienfaiteur, Que n'ai-je une voix plus sonore !

L'apprendre à tout ce qui l'ignore, C'est, vois-tu, doubler mon bonheur.

Pour forcer mon cœur à se taire, Efface en lui le souvenir Duquel rien ne peut le distraire.

Tant qu'il battra sur cette terre, Il veut l'aimer et te bénir.

Mars 1861.

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