‹ Marie Simon drame en cinq actesChapitre 79 sur 90 · RAIL · texte numérisé non relu

RAIL

*« to retrouve gai. content...

LA FAMILLE POISSON

MACSÉJOTTt.

6*1, j>n eonvîen,

Et j'ai de bonne humeur une assnt forte dose.

Oui, mon cher, je suis ^ai : content. c’e»t a::ire ehcM. L’n directeur de troupe, hélas ! est constamment Voué par scs acteurs au mécontentement.

C'est un métier maudit, plu* maudit qu'on ne pense,

(u Raymond)

Et que vous devriez prendre pour pénitence*.

Que te tracas ! mais quoi ! loin d’en être niuisté- A tous les coups du sort j'oppose ma gaîté.

Am: :tr que jamais rien n'éoninle et ne trouble.

Dans mes jours de malheur m la sens qui redoubla*

Et contre le destin avec elle luttant.

Je suis d’autant plus gai que jo suis moins rftnteûl, MUL.

Voilà ce qui s'appelle être un vrai philosophe.

MAtSàlOUft.

Far exemple aujourd’hui, nouvelle catastrophe, rui.

Que t'esb-il arrivé ?

BXACSéjODB.

Mon CrUpin s’est enfui,

Et j’ai quitté le Mans pour courir après lui.

La troupe qu'en province avec moi je proméoft Faisait depu» trois mois les délices du Maine,

Et dan* ma caisse enfin, grâeo à ce fugitif,

Le passif se voyait balancé par l'actif.

Son jeu naïf et gai, sa verve sans seconde Promettaient à l'hiver une moisson féconde.

Maison jour le public attendit vainement i Crispin était parii, l’on ne sait pas comment.

Td conçois des Manceaux I* fureur peu commune Etquel cruel échoc recevait ma fortune.

Le traître m’emj-orlait ma recette à venir.

Adieu mon bel hiver, et qu'allait devenir De mes pauvres acteurs la troupe désolée,

En voyant notre salle, autrefois si peuplée.

Se changer désormais en un désert affreux,

Ou manquerait la manne à cm nouveaux Hébreux?

II faut que je Je trouve et que je le ramène.

Jo n’< serais pans lui me montrer dans le Maine,

Et je courrais, ma foi, risque d’être assommé.

Si je n’y ramenais cet acteur bieu-aimé.

Comme d'après certains indices, je suppose Qu’il vint droit à Pari*, j’ai fait la même chose*

J’y suis, et j’entends bien faire valoir mes doits* Monsieur le lieutenant do police, je crois,

Découvrira bientôt la trace du coupable.

PAUL

Et «don toi, c’est dooc un sujet fart « pabie !

BE A r SÉJOUR.

C’est un acteur parfait, d'un comique achevé.

Je tn'y connais un peu, mon cher ; jo l’ai prouvé 9 J'ai dans les financiers tout autant du mérite Que votre vieux Guérin dont le succès m'irrite.

Et qui n'en sait pas moins du Théâtre Français Aux talents qu’il redoute interdire l'accès J'aurais fourni chez vous une belle carrière.

Si l'intrigue ... il suffit, laissons cette matière.

Je disais que je puis porter un jugement Sur le jeu d 'un acteur, n’estco-pas?

Oui, vraiment,

le sais que ià-des?us tu ne to trompes guère.

Le nom de ton Cnspin ?

BXACSéjOtTl.

* 11 porte un nom de guerre ;

Data».

PAUL

Et quel est son autre nomf

BKAUSÉJOOR.

Ma foi,

je ne le connais point; ma» que m’importe, à moif Je connais sun talent que le Mans l 'mAtre :

Tiens, excepté ton père et toi. sur le théâtre Je n'ai point vu d’arteur plus gai que ce surçon, Et pour le naturel c'est un nouveau Poisson.

Il tient un peu de vous, et souvent il me semble Que, sans vous copier, le gaillard vous rassemble.

Ce nVst pas malheureux pour In),' me* bons amis.

A débuter chez vous s’il est un jour admis.

Je réponds du succès, et vous m'en pouvez croire,

Du nom que voua portez il atteindra la gloire.

RAYMOND, qui «'«si fe CI*.

Paris ne reçoit pas toujours à brns ouverts Ces merveilleux sujets par la province offert!.

Je doute du talent de monsieur DeJarusc,

El des succès manceaux ne prouvent pas grand 'chose. Crovi'Z-inui, des Crispins qui viendraient débuter La famille Poisson n’a rien à redouter.

O* n'est pas d'aujourd'hui que sa gloire est connue. Mui, je la communçai; mon fils la continue.

Ayez donc moins de foi dans vos opinion»;

Et soogez-y, Monsieur, deux générations,

De l'amour du public toujours environnées,

Par un nouveau venu ne sont point déliônée&J ■BAoséfooa.

Vous vous fâchez à tort : de vos talents d'acteur Je fus dans mon jeune âge un grand admirateur :

Les jours où vou9 jouiez étaient mas jours do fête.

RAYMOND

De mes talent» d’acteurs? le mot est fort honnête.

Vous bornez là l'éloge, et je vois en ce cas

Que comme auteur, Monsteur, je ne vous plaisais pas.

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