MARIE STUART, SEYTON, DOUGLAS
MARI P. STUART, tombant dm ua Caulcuil.
Ah! c'est trop, c’est plus que la nature humaine n*en peut supporter. Ils me menacent ua In mort! Oh! jo l'appelle, moi, c*r ma vie est un horrible rêve, et la mort, réveil bienfaisant, soulagera ro*>u âme du poids qui l'écrase; seule, sans un cœur pour me reposer, sans un bras pour me défendre, le dernier compagnon ue mes infortunes, perdu, mort sans doute , comme François, connue Rizzio, comme tout ceux qui m'out aimée...
DOUGLAS <fai c*t «air# douevaiMt «au tira n.
Non. Madame, milord Bothwell a échappé à ceux qui Je poursuivaient.
MARIE STUART , jojeotcmenl.
Ah! (a»«c «Mfrtai*».) Faut-il que cette nouvelle m’arrive par la 1 bouche d’un lâche qui m'a trahie !
DOUGLAS, sgraouilW.
En effet. Majesté, pardonnez-moi, car je vous ai trompée.
MARIE
Oui, lu m’as trompée!... Si je croyais qu'il y eût au monde une âme généreuse et fidèle, c'étail là tienne: si j’espérais qu'il y lût un homme prêt à se dévouer pour Marie Stuart, sans calcul, sans égoïsme, c'était toi! Oh! oui! tu m'as trompée, Georges Douglas.
DOUGLAS
Majesté ! Georges Dougla» vous a donné plus que son âme ct sa vie, il vous a donne sou houuuur.
MARIE
Que veux-tu dire?
DOUGLAS
Vous étiez perdue, le crime de Bothwell avait consommé votre ruine, je savais qu’ils étalent vingt contre un, qu'ils vous combattraient, et vous vaincraient, que vous tomberiez en leurs mains, sans qu'aucune puissance humaine uût l'empêcher. Tirer l'épée pour vous c'était oit* perdre sans fruit. Un seul moyen restait: mentir ct feindre d'être votre plus ardent ennemi, afin de devenir leur chef, et quand je vous tiendrai* en mon pouvoir, de trahir mes amis et mes soldats en vous disant : Majesté, vous êtes libre.
MARIE
' As-tu fait cela?
DOUGLAS
Oui, je me suis fait traître et menteur... Un Douglas, ne pouvait rien de plus.
MARIE
Ah! Georges, ce moment efface bien des douleurs; aujourd'hui seulement je comprends de quelle hauteur tu dépasses tous ces hommes... (a Georg«*.l Georges, pardonnez-moi d'avoir douté de vous, j’en souffrais bien, et pour moi et pour Marie, ma pauvre Marie, qui vous aune tant et que vous aimez aussi, n'eslce pas?.., {Bas é George*.) Je le veux...
DOUGLAS, à anal tourné rbseiin* 4 m femme».
Oui, j'aime Marie, et Marie le sait bien... 11 n'csl pas dans le monde entier pour moi d’autre femme que Marie. L'étoile que tant d’hommes cherchent au ciel pour leur destinée, est pour moi le regard de Mario, je n'agis et je ne pense que pour elle et je n’ai jamais dans le cœur comme sur les lèvres qu’un seul nom : Marie! Marie!
SEYTON , A I» reine.
Que Voire Majesté est bonne et que je l'aime.
MARIE STI.' A RT
Autrement dit : que Douglas est bon el que je l’aime... (a Doubla».) Ami, que disiez-vous de lord Bothwell?
DllDC LAS.
Ceux qui le poursuivaient ont trouvé son cheval mort de fatigue sur la route. Quant à lui, il a disparu, mais on le croit dans le pays... Des paysans ont vu rôder dans les environs de ce château un inconnu’ hâve, aux vêtements souillés, et qui demandait du pain. C'est lui, sans uul doute... Après vous, je le sauverai, Madame.
MARIE CTOART.
Après moi? .
DOUGLAS
Oui, le* plus fanatiques d’entre eux ne se contentent pas de votre decheance; c’est votre sang qu'ils demandent, ccs lâches; ils sont les plus forts, ct demain je ne pourrais que mourir avec vous... Dis que la nuit sera venue, nous quitterons ce château par une issue connue de mol seul. Des relais sont préparés pour vous, miss Scyton et moi jusqu’à la frontière d’ Angleterre, si vous le voulez.
Oui, J'aurai là, près de ma soeur Elisabeth, un refuge assuré, où je pourrai attendre des jours meilleurs.
DOUGLAS
Dans une heure, soyez prèles, vêtues de costumes sombres et simples, afin de ne pas éveiller du soupçons pendant le trajet... Je vais me montrer d’ici-lâ, de peur qu’il* ne sc uiéGent de moi.
MARIE STI ART
Allez, mon féal, mais avant d'entrer dans cette entreprise périlleuse, je veux que vous échangiez avec ma fidèle Seyton le baiser ac fiançailles.
DOUGLAS
Madame!...
MARIE MOTOR, rmfiMMt.
Majesté, en un pareil moment!., je ne poux pas.
Vous mentez, mignonne, et c’est un pécbé... véniel. Allons...
(le» drus jssuc» peu* échangeai ua bxiter «ur le frout.) Moll Dieu, bélliS-
scz ors deux enfant-, et soyez mivéricordieox pour la pauvre;
Marie Stuart. (Douglas n»»t A gsueb*, Marie .-Zaart *( Maré* Seytoa rouirent A droite.)
Onzième Tableau. — Le Lac de Locfaleven.
A l'extrême gauche du spectateur, une aile du château de Locblewo, donnant sur ua chemin de ronde élevé de deux mètres au-devsus de la bcrg« donnant sur le lac. Au bas de la tour une poterne. Des degré^tadU» dnm lu roc descendent du rhcmlu do ronde â la berge. Une («ut! secrète est prjlqm'-e dans le roc qui supporte le chemin de ronde et donne sut la berge Le lac tient tout le resta du théâtre. Une barque est amarrée au rivage. Oii ne voit pas les rameurs qui Mot couchés au fond. — Nuit noire.
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