CONSPIRATIONS CONTRE ELISABETH
Stuart s'explique, sans pouvoir être justifié, par les complots qu'on venait de découvrir. Des gentilshommes catholiques , des prêtres, des jésuites y étaient impliqués. Sommerville, Allen, Trogmorton et plusieurs autres périrent dans les supplices. Thomas Morgan , Charles Paget et quelques-uns de leurs complices parvinrent à s'échapper. Les papiers saisis incriminaient fortement l'ambassadeur d'Espagne, Bernardin de Mendoza*. Mandé devant le conseil d'Angleterre, il reçut l'ordre de quitter le royaume dans quinze jours. Il répondit « qu'il abrégeroit ce terme et partiroit dans huit jours , » ajoutant que, « s'il n'avoit pu être un bon ministre de paix dans ce royaume , ils ne trouveroient étrange qu'il y fût un jour bon ministre de guerre *. » Les investigations les plus minutieuses ne purent compromettre Castelnau ni Marie Stuart. On avait d'abord accusé la reine d'Ecosse. « Mais elle offre, écrit Castelnau ^ de prouver que ce sont inventions de ses ennemis, et à la fin ne se trouve personne qui veuille rien soutenir. » Cependant Elisabeth et ses ministres étaient toujours pleins de défiance. « Ils sont si empêchés, dit Castelnau *, qu'ils en soupçonnent les ombres et les murailles. » La situation de l'Ecosse était loin de les rassurer : Arran y était toujours le maître. Il avait forcé les partisans de l'Angleterre à s'exiler du royaume ou du moins à s'éloigner de la cour. Dans ces circonstances , Elisabeth s'opposa au départ de Castelnau pour l'Ecosse. Vainement il insista pour que la reine lui permît d'exécuter les ordres tout pacifiques de son souverain '. Vainement il s'éleva contre une obstmation qui Hvrait
f . Tous les détails de la découverte des complots se trouvent dans les lettres mss. de Castelnau, coll. Bréquigny, t. XC VII. Quelques lettres tirées de ce volume ont été publiées par Mlle de Keralio {Hisi. d'Elisabeth) et le prince Alex. Labanoff, 1" collection des lettres de Marie Stuart (1839).
2. Lettre de Castelnau à Henri III, 23 janv. 1584, ap. Keralio, Hiit. d'Elisabeth, t. V, p. 386.