ELLE S'OPPOSE AU DÉPART DE CASTELNAU
àrhorreur des guerres civiles un pays voisin et ami^ La reine et l'ambassadeur en vinrent à des paroles amères. Castelnau reprocha à Elisabeth la perfidie de sa politique, les secours d'hommes et d'argent fournis aux huguenots de France et d'Ecosse et la guerre civile fomentée depuis vingt ans chez ses alliés '. La reine , habile à éluder l'attaque en prenant l'offensive, accusait l'ambassadeur d'être « trop curieux et intelligent à regarder et connoître toutes les façons et coutumes de son- royaume, et à avoir étroite intelligence avec ses sujets*. » Mais c'était surtout contre Marie Stuart qu'éclatait sa colère feinte ou réelle. Elle lui reprochait d'exciter ses ennemis et de conspirer contre sa personne et son royaume, ajoutant que « si elle eût eu affaire à un autre, il y a longtemps qu'elle ne seroit plus en vie*. » Bref, elle retint Castelnau , malgré toutes ses réclamations , et excita une guerre civile en Ecosse.
Les Hamilton gagnés par Elisabeth s'avancèrent à la frontière d'Ecosse*'; Angus, Marr, Glamis, Boyd prirent les armes, et Gowrie, après quelques mois d'hésitation, se déclara en faveur des rebelles. Castelnau était attentif à tous ces mouvements. Il ne cessait d'avertir et de stimuler Henri III. « J'ai disposé le roi, écrivait-il à Marie Stuart®, autant qu'il m'a été possible, à prendre vivement votre cause et celle du roi votre fils en main. » Une première tentative des rebelles fut repoussée, et Castelnau s'empressa de l'annoncer à la France''. Mais il n'était pas encore sans inquié-
Harie Stuart, publié par le prince de Labanoff, en 1839, p. 39-53. Cette lettre est donnée d'après les mss. Bréquigny, sous la date du 17 janvier 1583; c'est une erreur évidente , à en juger par les détails qu'elle renferme. Il faut la placer en janvier 1584.
1. Lettre de Castelnau à Henri III, ap. Keralio, t. V, p. 370.