Ms. de la Bibl. imp., f. Béthune
iU TRIOMPHR DE LA LIGUE EN FRANCE (1585).
succès de ses intrigues. Ayant brisé l'association de Jacques et de Marie, elle ne se soucia plus des négociations entamées avec la reine d'Ecosse ; elle les laissa languir. Marie demanda vainement une réponse immédiate et positive , c ne voulant pas , disait-eUe * , demeurer liée tout ensemble des conditions si étroites qu'elle avoit proposées avec toute sincérité, et des ordres, observations et règlements plus précis et rigoureux que jamais en sa nouvelle prison. » Mais Elisabeth la tratna de délais en délais , pendant qu'elle s'efforçait d'enlacer l'Ecosse de ses intrigues, et confiait à son ambassadeur. Ed. Wotton, le soin de conclure avec Jacques VI le traité dont Gray avait jeté les premiers fondements.
A cette époque, la France était trop divisée pour s'opposer au triomphe de la politique anglaise en Ecosse. La Ligue , soutenue par Philippe II, venait de publier un manifeste menaçant et soulevait les provinces contre l'autorité royale. Le triomphe de ce parti eût augmenté la puissance de l'Espagne et inquiété Elisabeth. Aussi s'empressa-t-elle d'offrir à Henri III toutes les forces de l'Angleterre pour écraser les factieux*. Leicester et les plus illustres seigneurs de l'Angleterre offraient leur épée à Henri III. Ce n'était pas une vaine démonstration; l'intérêt d'Elisabeth était, avant tout, d'arrêter l'agrandissement de l'Espagne, dont la Ligue servait