‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 128 sur 215 · SECOURS OFFERTS A HENRI III PAR ELISABETH · texte numérisé non relu

SECOURS OFFERTS A HENRI III PAR ELISABETH

la politique, et on sait que plus tard elle n'épargna pas ses secours à Henri IV, pour établir son autorité sur les débris des factions. Castelnau, en transmettant les offres d'Elisabeth , se tient dans une réserve toute diplomatique * : « J'ai été prié de représenter tout ce que dessus ; ce que je fais simplement sans y pouvoir ajouter rien du mien , pour ne savoir quelles sont vos intentions. «Cependant, dans une lettre postérieure à Catherine de Médicis*, il laisse percer sa pensée, en rappelant les malheurs des guerres civiles : « Quand l'on vouloit y embarquer Votre Majesté , ceux qui pensoient bien faire leurs affaires par ce moyen vous disoient qu'il ne falloit que deux mille chevaux et sept ou huit mille hommes de pied, et bien peu d'argent pour rendre Sa Majesté victorieuse contre les huguenots et ceux qui prenoient les armes sous prétexte de religion, mais incontinent après il falloit avoir recours à toutes sortes d'étrangers (que j'ai presque tous amenés et mis hors du royaume), et Vos Majestés, réduites en telles extrémités, avec tout le royaume et leurs sujets , il n'y avoit homme si échauffé à la guerre qui ne vous suppliât de faire la paix après tant de sang répandu et de millions d'or qui n'ont servi qu'à réduire la France à un point près de se perdre par ses propres mains. » Malheureusement , les conseils de Castelnau s'adressaient à une cour efféminée , sans principes et sans courage ; Henri III tergiversa quelque temps , remercia Elisabeth de ses offres', se lamenta sur les troubles de son royaume*, et

1. Ms. de laBibL imp., suppl. fr., n« 593^, fol. 273 recto. 9. Ibidem, fol. 304 recto, lettre autographe de Michel de Castelnau , 16 mai 1585.

3. Ibidem, folio 304 recto et yerso, et f. Colhert, n« 470, fol. 113 et sui?. « Je désire que là-dessus tous merciez de ma part ma dicte bomie sœur le plus affectueusement qu'il vous sera possible , etc. » Lettre de Henri III à Castelnau.

4. Ms. de la Bibl. imp., f. Colbert, n» 470, fol. 123 : « Je vouldrois que Dieu m'eust fait la grâce de luy ressembler en cela sans veoir en mon royaulme tout le contraire de l'ayse et tranquillité qu'elle a au sien. » Voy. tMdem, fol. 133.

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