‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 129 sur 215 · CAPTIVITÉ PLUS RIGOUREUSE · texte numérisé non relu

CAPTIVITÉ PLUS RIGOUREUSE

finit par subir honteusement les lois de la Ligue (traité de Nemours, 7 juillet 1585)*.

Le moment de la crise approchait pour Elisabeth. L'Espagne venait de prendre Anvers ; le prince de Parme menaçait les provinces Bataves; la branche allemande de la maison d'Autriche était aux ordres de Philippe II* ; l'Italie lui obéissait; la France semblait une de ses provinces; il marchait à grands pas à la monarchie universelle. Alors parut toute l'énergie d'Elisabeth. Résolue à une lutte décisive contre Philippe II et le parti dont il était l'âme, elle ne voulut pas épargner la reine d'Ecosse. Marie était toujours dévouée à la Ligue. Ses agents en France lui rendaient compte des progrès des ligueurs comme du triomphe de la bonne cause '. On lui .fît expier cette joie par un redoublement de rigueur, et de sinistres présages annoncèrent le sort qui lui était réservé. On avait enfermé dans la même tour que Marie « un pauvre jeune catholique accusé pour sa seule religion *. » On finit par l'étrangler presque à la vue de la reine *. Sous l'impression de ce cruel spectacle et au milieu de ces tristes pressentiments, Marie Stuart comprit la vérité des principes de tolérance, que L'Hôpital, Michel de Gastelnau et les politiques avaient depuis longtemps proclamés. Elle écrivait à Elisabeth* : « Les exemples de notre siècle par toute la chrétienté ont donné assez de preuves combien les forces humaines peuvent peu en matière de

1. Ms. de la Bibl. imp., f. Colbert, n« 470, fol. 127, 103 et 141. Ce sont les dernières lettres de Henri III à Gastelnau.

2. Canibdeni Uist» Eliz., pars III, p. 391 : « Cum in Italia principes sin- A guli ejus nutum observent, pontifex romanus sit addictissimus ; in Ger- « mania, familia austriaca longe lateque diffusa, aliaeque eidem connubiis « conjunctae quasi famulentur, etc. »

3. Lettres de de La Rue à Marie Suart, 18 mai et 24 août 1585, ms. de la Bibl. imp., f. Béthune, n» 8880, fol. 57 et 59; elles ont été publiées dans la collection Egerton , p. 48 , 49 et 50.

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