DE MARIE STUART
religion qui doit être inspirée d'en haut. » Cependant Tesprit de tolérance ne diminuait pas en elle l'ardeur religieuse, gloire et danger de cette époque. « Quand on viendroit là , ajoutait-elle * , de vouloir attaquer à jeu ouvert ma religion, je suis toute prête , avec la grâce de Dieu , de baisser le col sous la hache pour y répandre mon sang devant toute la chrétienté, et le tiendrois à très-grande heur d'y marcher la première. Je ne le dis pas pour vaine gloire loin du danger. »
Ce fut dans ces tristes circonstances, au moment où prévalaient les partis extrêmes , où , d'un côté , l'Espagne , à la tête des Puissances catholiques, de l'autre , l'Angleterre ralliant tous les protestants , se préparaient à une lutte acharnée, au moment où la France s'annulait et où Marie Stuart allait être sacrifiée par son ennemie , que se termina l'ambassade de Michel de Castelnau. H quitta l'Angleterre au mois de septembre 1585. On excusera , je l'espère, quelques mots de plus sur cet ambassadeur , qui ne se trouvera plus dans la suite mêlé à l'histoire de Marie Stuart. Réduit à la pauvreté, à la misère même', par la pénurie de la cour, il supporta l'infortune avec fermeté , avec noblesse : « De ma part , écrivail^il au secrétau^e d'État Brulart ', je suis résolu à faire gloire et honneur de la pauvreté et de la misère , et de n'avoh* jamais rien acquis comme les autres font. »» Au milieu de sa détresse il se montrait généreux et presque magnifique. D accueillait sous son toit et nourrissait à sa table le philosophe persécuté, Jordano Bruno*, qui payait son hospitalité par de pompeuses dédicaces*. Castelnau n'emporta