‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 141 sur 215 · EN ECOSSE · texte numérisé non relu

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le précipiterait dans un danger réel. « Mais , disaient les adversaires de la France, comment TÉcosse protestante peutelle s'allier avec un pays dominé par les Guise et où de sanguinaires édits proscrivent la religion évangélique? » L'objection était grave dans ces temps de luttes religieuses. Cependant d'Esneval y répondait par l'exemple même de l'Angleterre : « Le roi de France, disait-il , n'a fait qu'imiter l'Angleterre, où une seule religion est permise; il a voulu se conformer aux maximes de ses pères , qui ont maintenu la tranquillité publique en maintenant l'unité religieuse*. » « En ce faisant, le roi très-chrétien remet les choses au même ordre que les rois ses prédécesseurs ont fait observer depuis l'institution de la monarchie jusques au règne du feu roi Charles son frère ; pendant que l'on a vécu avec l'établissement d'une seule religion catholique , il se peut dire que le royaume de France a été fort heureux et exempt de tous troubles, divisions et guerres civiles*. » D'ailleurs, ajoutait d'Esneval, Henri III n'avait nullement l'intention d'imposer sa religion aux peuples voisins ; et même, dans son royaume, il s'efforçait de ramener les protestants par la douceur plutôt que par la violence'.

Aux considérations religieuses Elisabeth mêlait l'intérêt politique. Elle faisait briller aux yeux de Jacques VI la couronne des trois royaumes comme récompense de sa fidélité aux Anglais. D'Esneval s'efforça de combattre des espérances qui séduisaient le roi d'Ecosse. Ce n'était, disait-il, qu'un leurre dont les Anglais cherchaient à * farder et emmiel-

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