CHAPITRE Xm
Mission de Pomponne de Bellièvre en Angleterre (novembre 1586); soupçons du duc de Guise à Toccasion de cette ambassade. — Accusations de perfidie dirigées contre Henri III par, les ligueurs. — Récit d*Aubery du Maurier. — Assertions paradoxales de Bayle; écrivains qui les ont adoptées. — Caractère de Pomponne de Bellièvre ; instructions qu'il reçoit de Henri HT. — Jacques VI envoie un ambassadeur à Londres. — Première audience de Bellièvre (7 décembre); deuxième audience (15 décembre). — La sentence de mort contre Marie Stuart est publiée (16 décembre).
L'ambassade de Pomponne de Bellièvre en Angleterre a (donné lieu à des discussions historiques dont on trouve la trace même dans des ouvrages récents. Rien ne prouve mieux que cette polémicpie la nécessité d'un travail critique et approfondi sur la question qui nous occupe. Il suffira, pour s'en convaincre, d'exposer sommairement les opinions que l'on a émises sur la conduite de Henri III et de Catherine de Médicis, à l'égard de la reine d'Ecosse en 1586.
Tout le monde sait que Henri III envoya en Angleterre Pomponne de Bellièvre à l'époque de la condamnation de Marie Stuart (novembre 1586). Mais les ligueurs répandirent le bruit que cette ambassade avait un autre but que la défense de la reine d'Ecosse. A la première nouvelle de la mission de Bellièvre, Henri de Guise écrivait à Bernardin de Mendoza* (10 novembre 1586) : « L'on me mande de Paris que le sieur de Bellièvre doit aller en Angleterre pour solliciter les affaires de la reine d'Ecosse. Ce voyage m'ap-
1. Archives de l'empire, sect. historique. Papiers de Simancas ^ B bl^.