GUERRE ENTRE L'ECOSSE ET L'ANGLETERRE
Cruauté des Anglais, qui portaient partout le fer et la flamme, ne fit qu'augmenter la haine que les Écossais nourrissaient contre eux. • D n'y a pas, écrivait Georges Douglas, jusqu'aux petits garçons qui ne veuillent jeter des pierres aux Anglais ; les femmes y briseront leurs quenouilles. Tout le peuple mourrait plutôt pour les arrêter; la plupart des hommes nobles et tout le clergé sont contre eux.» Enfin, après deux ans d'une lutte acharnée (1544-1546), les hostilités furent terminées par la paix conclue entre la France et l'Angleterre. On y comprit l'Ecosse , qui continua de reconnaître le protectorat de la France.
Malheureusement les passions religieuses vinrent relever le parti anglais qui semblait abattu. Le cardinal Beatoun et Marie de Guise , confondant des idées d'un ordre différent, réunissaient dans leur pensée l'alliance française et le maintien du catholicisme en Ecosse. « D leur semblait, dit Buchanan*, que le changement de religion entraînerait la rupture de l'alliance avec la France. » Cette solidarité établie entre deux intérêts tout à fait distincts devmt fatale au protectorat exercé par la France et fournit de nouvelles armes à ses adversaires. Les protestants , qui se multipliaient en Ecosse, s'accoutumèrent à regarder la France comme une ennemie et à compter sur l'Angleterre pour le triomphe de leurs principes religieux.
En 1546, le cardinal Beatoun tomba sous les coups des assassins, et avec lui périt un des principaux soutiens de l'alliance française. Cependant la France comptait encore en Ecosse des partisans beaucoup plus nombreux que l'Angleterre, et, lorsqu'après la mort de Henri VIII et de François I", le régent d'Angleterre , Somerset , renouvela les propositions de mariage entre Edouard VI et Marie Stuart, elles furent repoussées par la nation. Les Anglais tentèrent alors (1548) une nouvelle invasion qui n'eut pour résultat
1. « RecepUe religionis mutationem formidabant , quae secum gallici fœ- « deris solutionem allatura yidebatur. » Buehan, Rer, scot, , lib. XV, p. 481.