MARIE STUART EN FRANGE
que de rendre plus étroite l'aUiance de la France et de l'Ecosse. Les états de ce dernier pays, réunis à Stirling, offrirent à Henri II le protectorat du royaume et la main de leur jeune reine pour le dauphin François. Henri se hâta d'accepter une proposition qui donnait une nouvelle autorité à l'influence française en Ecosse; ses vaisseaux transportèrent Marie Stuart en France (15 août l5bo), et, l'année suivante , il fit comprendre l'Ecosse dans le traité de paix conclu entre la France et l'Angleterre.
Marie Stuart, orpheline au berceau*, forcée de fuir son ^pays pour échapper aux Anglais , fut élevée en France , sa seconde patrie. Son mariage avec le dauphin , plus tard, François II, resserra l'union de la France et de l'Ecosse. Les poètes des deux nations chantèrent cet heureux événement". En France surtout, on célébra l'Ecosse, « cette terre féconde en guerriers , au courage ardent, toujours prête à soutenir son alliée et à menacer l'Angleterre *. » Le protectorat français en Ecosse parvint alors à son apogée. Henri II força le duc de ChâteUerault d'abdiquer la régence en faveur de Marie de Guise; il exigea que les états d'Ecosse accordassent à son fils François le titre de roi; enfin il obtint de Marie Stuart la transmission de tous ses droits sur l'Angleterre et l'Ecosse à la maison royale de France, dans le cas où elle mourrait sans héritiers*. L'excès de la puissance française ne tarda pas à la rendre
1. Née le 8 décembre 1542, Marie perdit son père, Jacques V, quelques joars après sa naissance.
2. Voy. les poésies latines de Buchanan et d'Adrien Tumèbe , et les vers français de Ronsard et de Joachim du Bellay.