‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 164 sur 215 · A ELISABETH (19 DEC · texte numérisé non relu

A ELISABETH (19 DEC

tues et profanées *. » Elle terminait en avertissant Elisabeth qu'elle aurait un jour à répondre de ses actes devant Dieu. « Ne m'accusez de présomption si, abandonnant ce monde et me préparant pour un meilleur, je vous ramentois (rappelle) que un jour vous aurez à répondre de votre charge aussi bien que ceux qui y sont envoyés les premiers*. »

La réponse de Henri III à Bellièvre fut loin d'avoir ce caractère de noblesse et de fermeté. Il s'agissait d'un suprême effort en faveur d'une reine de France , d'une princesse sa parente, et Henri III ne trouva que des ressources peu dignes de son rang ou des menaces impuissantes. Vingt ou trente mille écus à prendre en partie sur le douaire de la reine d'Ecosse, une promesse signée des Guise de s'opposer à tout complot contre Elisabeth, une renonciation de Marie à ses droits sur la couronne d'Angleterre, voilà les seuls moyens qu'il imagine pour sauver sa belle-sœur. « Si la reine d'Angleterre ne les met en aucune considération, mais veut faire procéder à l'exécution de si rigoureux et si extraordinaire jugement, il ne se pourra qu'il ne s'en ressente comme de chose qui l'offense fort particulièrement '. » Cette lettre, datée du 24 décembre 1586, arriva à Londres dans les premiers jours de janvier 1587. Bellièvre demanda aussitôt une audience à Elisabeth, et n'ayant pu l'obtenir sur-le-champ , il lui adressa un mémoire qui nous a été conservé*. Après avoir flatté l'orgueil royal d'Elisabeth, qui n'eût pas souffert dans ses États l'intervention d'une Puissance étrangère , il lui représentait les conséquences terribles de l'exécution de Marie Stuart. « Le sang appelle le sang , » lui disait-il. Il invoquait ensuite l'inviolabilité des

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