CONDUITE DE HENRI III
Roland, les Renault, les Olivier, bons et naturels François, fussent allés chercher une telle occasion jusques au bout du monde, non-seulement pour venger la querelle de Dieu, mais aussi pour acquérir de la gloire en tirant raison des offenses faites aux dames. » Cet appel aux sentiments chevaleresques de Henri III obtint peu de succès. Le roi se borna à faire célébrer pour sa belle-sœur un service solennel, et chargea l'archevêque de Bourges, Renaud de Beaune, de prononcer son oraison funèbre ^ Le prélat exalta les Guise en louant leur nièce, et les appela foudres de guerre, Henri III en fut blessé, exigea la suppression de ces mots lorsqu'on imprima l'oraison funèbre", et, sans plus s'inquiéter de la vengeance de Marie Stuart, songea à ses propres périls '. Bientôt même les relations entre la France et l'Angleterre parurent aussi intimes que par le passé, et le roi se contenta de la douleur hypocrite que témoignait Elisabeth à l'ambassadeur Châteauneuf *.
Jacques VI montra d'abord plus d'énergie que Henri III. Dès le mois de février 1587, il disait à Courcelles que si la reine d'Angleterre « touchoit au sang de sa mère, il lui donneroit plus à penser qu'elle n'eut jamais*. » Pendant toute une année, il parut menaçant, et, si la France eût eu un gouvernement digne de la diriger, il eût profité de cette situation pour renouer l'ancienne alliance des deux royaumes. Henri ni en eut quelque velléité. Il écrivait à Courcelles, à la fin de 1587* : « Le roi d'Ecosse, mon neveu, porte fort aigrement, et non sans raison, cette extraordinaire façon de procédure et exécution faite contre la feue reine sa mère, comme il me Ta