‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 179 sur 215 · Î<A MOTHE-FÉNELON A BRULART · texte numérisé non relu

Î<A MOTHE-FÉNELON A BRULART

(6 mai 1575.)

Monsieur, il commance desjà de tarder icy beaucoup qu'ilne m'arrive quelque dépesche de Leurs Majestez Très-Chrestiennes après le retour de M. de La Chastre par dellà, de quoy je veuk croyre de bon cueur que le retardement ne provient que de bonne occasion, et au moins qu'il n'y a ny négligence ny manquement aulcun de vostre costé. J'espère qu'avant que ceste-cy parviegne en voz moins que j'auray receu de celles de Leurs Majestez et des vostres avec quelque satisfaction des prindpaulx poinctz que le dict sieur de La CUiastre a emportez et de

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ceulx que j'ay escripts despuis, et que bien tost aprèâ vous ïrtô ferez aussi avoir responce siu* la particularité de ma dernière dépesche touchant l'ellection qu'on a faicte icy du Roy à Tordre de la Jartière. J'ay adjouxté à ce pacquet une lettre que sir Arthus Chambemon m'a escripte, sur laquelle je vous prie faire en sorte que Leurs Majestez veuillent commander qu'il soit pourveu à sa demande ; car il semble qu'elle est fort juste. J'y ay adjouxté aussi l'extret de deux lettres testimoniales que milord de Saint-Jean, Escoucoys, m'a baillées, afiBba qu'il playse au Roy luy faire expédier une aultre lettre, non semblable à nule de ces deux, mais pour prandre le mémoire sur icelles, de celle qu'il suplie très-humblement Sa Majesté de luy vouloir donner en forme de protection, et surtout je vous recommande avec plus d'affection que jamais mon congé, et qu'il vous playse haster le partement de M* de Mauvissière. Je fay aussi à Leurs Majestez ung article du tort que le sieur Scipion Sardini me faict touchant les assignations que M. le trésorier de l'espargne m'a baillées sur luy, il y a tantost ung an, lesquelles il ne tient compte d'acquitter, qui me faict vivre icy en beaucoup de honte et de peyne et de grande extrémité, et le service du Roy en souffre détriment et me vient de dire le sieur Acerbo que si au moins, après luy avoir plusieiurs fois failly de parolle au temps que luy-mesme par diverses lettres luy avoit escript et moy qu'il le payeroit, il y satisfaisoit à ce commencement de juing pour servir aux payements de Lion, qu'encore se pourroit quelque partie du retardement excuser, dont je vous suplie, monsiem*, faire tant pour moy que de faire commander par Leurs Majestez et par messieurs des Finances très-expressément au dict sieur Scipion qu'il n'ayt à y user d'aulcun délay ni retardement, et qu'il conviegne de telle sorte avec les sieurs Macey et Cenamy, agents par dellà du dict sieur Acerbo, qu'ilz n'ayent à se plaindre ny à rechercher aulcun intérest sur moy, vous envoyant à cest effect l'extret d'une lettre qui a esté là-dessus escripte de Paris le XXV* d'apvril au dict sieur Acerbo, affin de la faire veoir à la Royne et à messieurs des Finances ; et je

prieray Dieu, après avoir salué toutes voz bonnes grâces, et celles, s'il vous plaict, de M. de Morviliers et de M. de Limoges, de mes bien fort humbles recommandations, qu'il vous doinct et à eulx, etc.

De Londres , ce VI*« jour de may 1575.

Je VOUS adresseray toutjour mes dépesches jusques à ce que par lettres de Leurs Maj estez je cognoistray que M. Pinart soit arrivé. A toutes advantures je luy présenteray icy, s'il vous plaist, un très-cordial et bien humble salut, à toutes ses bonnes grâces.

LA MOTHE-FÉNELON A CATHERINE DE MÉDICIS

(12 mai 1575.)

Madame, encor que par trois et quatre dépesches que ceste princesse a naguères receues de son ambassadeur, elle ayt possible esté assez bien informée des choses de delà, si monstre elle de n'avoir guières de contantement qu'il ne me viegne de quoy luy en aller aussi faire quelque relation de vostre part, y ayant plus d'ung mois que je n'ay esté vers eUe par faute d'argument, non qu'il ne m'en habonde assès, mais il n'est bien à propos que je l'aille trouver, sans que j'en aye quelqu'un bien fondé, et qui procède véritablement de Voz Majestez pour l'opposer à ceulx qu'on luy faict assez souvent contre vostre service. Je metz en la lettre du Roy vostre filz ce qui aparoit icy maintenant de plus important, et quant il adviendra que quelque chose se manifestera davantage, je ne seray paresseux de le vous mander. Le temps du progrez ^ de la dicte dame aproche bien fort, lequel faict que plus instantment que jamais je desire l'arrivée de M. de Mauvissière, afBn de l'avoir présanté

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