‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 178 sur 215 · Voy. cette lettre d'Elisabeth, p. 75 et · texte numérisé non relu

Voy. cette lettre d'Elisabeth, p. 75 et

DE LA MOTHE^FËlfBLON. iM

trèd-hmnblement Yoz Majestez de ne mectre aucun deky à raccomplissement de cela, et après qu'aurez faict délivrer l'acte du serment et de la dicte confirmation à l'ambassadeur de la dicte dame, qu'il vous plaise par mesme moyen m'envoyer la sus dicte lettre, avecq laquelle je seray bien deçeu si je ne rendz la dicte dame très-constante vers Vos dictes Majestez, et ne puis cesser, madame, de vous suplier trè&-humblement et adjurer celle vostre clémence et bonté de laquelle il vous a pieu me faire tousjours très-bien et beaucoup espérer que vuellez faire partir promptement M. de Mauvissière, affin qu'il soit icy avant le prochain progrez (voyage) de ceste princesse, laquelle le veult commancer incontinant après la Pantecoste. Car je ne me sens ny en assez de santé ny en disposition pour le pouvoir aucunement suyvre ny que mesme je puisse plus vivre, si je ne sortz bien tost d'icy, et que je ne change d'aer, de quoy je retourne suplier très-humUement Vostre Majesté, à laquelle baisant très-humblement les mains, je priray Dieu vous donner, etc.

De Londres , 21 avril 1576.

Comme ceste lettre estoit signée, le sieur de Vassal est arrivé avecq celles de Voz Majestez du XIII* du présent, ausquelles M. de La Chastre aura depuys amplement satisfaict, et je persévère, quant au reste, en ma très-humble et très-juste requeste , qu'il vous plaise faire partir promptement M. de Mauvissière.

LA MOTHE-FÉNELON A CATHERINE DE MÉDICIS

(26avrin676.)

Madame, par la dépesche que le sieur de Vassal m'a apportée et par l'instruction des aultres choses que Vostre Majesté luy

a coxomandé me dire de bouche, j'ay mis peine que ceste princesse et les siens soient demeurez capables et mieux édiffîez qu'ilz n*estoient des événementz de dellà, et n'est plus besoing que de ces actes qu'on attend icy du Roy , pour y establir une bien ferme et perdurable amityé, et ne pourroit M. de Mauviasière arriver jamays en nulle meilleure saison qu'à présent pour bien commancer sanégotiation, laquelle j'espère qu'il la fera réuscyr heureuse pour le service de Voz Majestez, et elles, s'il leur plaist, me permectront que j'aille ung peu me soulager de mes peynes et pertes et indisposition et aultres extrêmes nécessitez que je ne puys en façon du monde plus supporter icy, dont vous suplie très^humblement, madame, luy commander résoluement de partir, si desjà il ne s'estoit acheminé, et sur ce qu'il s'est trouvé quelque difficulté de pouvoir accorder ung brevet de retenue ^ de gentilhomme de la Chambre à milord Saint-Jehan escossoys, il sera bon que au moins il plaise au Roy luy envoyer une sienne lettre en forme de protection , avec laquelle je mettray peyne de le contanter et le retenir le mieux que je pourray en la dévotion qu'il monstre avoir à la couronne de France, aydant le Créateur, auquel je prie, après avoir très-humblement baisé les mains de Vostre Majesté, qu'il vous doinct.

Madame, etc.

De Londres, ce XXVI~ jour d'apvril 1575.

1. On appelait ainsi un brevet par lequel le roi donnait une certaine somme sur le prix d'une charge, d'un gouvernement, etc., à la femme, aux héritiers ou aux créanciers du titulaire.

D£ LA MOTHË-FÉNELON. 493

LA MOTHE-FÉNELON A CATHERINE DE MÉDIGIS

(Dernier jour d'ayril 1575.)

Madame, en continuant de faire en l'endroict de ceste princesse ce que j'estime pouvoir tousjours plus servir pour l'attacher et unyr davantage à l'intelligence de Voz Très-Chrestiennes Majestez, il vous plaira veoir en la lettre que j'escriptz présantement au Roy vostre filz ce qui depuys huict jours s'est passé entre elle et moy, qui vous fera aussy veoir à quoy semble que les choses de deçà se vont disposant vers celles de voz affaires, et n'est besoing que j'ennuye là-dessus Vostre Majesté de redictes, mais je vous supUe bien très-humblement, madame, qu'il vous plaise me faire bientost avoir responce sur la particularité de l'ordre de la Jartière , espérant que quant aux aultres responces' qu'aurez advisé de me faire après le re^ tour de M. de La Chastre que je les recepvray premier que Vostre Majesté ayt ceste-cy, et qu'il ne se passera encore ung jour ou deux que je n'aye de voz bonnes nouvelles et de celles de l'advancement de la paix (nonobstant qu'on die icy qu'il n'y a plus d'espérance), et du partement de M. de Mauvissière, duquel pour des indispositions qui s'adjoustent de jour en jour nouvelles à celles que j'avoys auparavant et qui me réduisent du tout icy à bien insuportable extrémité, je vous supUe trèshumblement, madame, haster sa venue; car, oultre ce qui touche à mon besoing, lequel ne peult admettre ny temps ny dellay, il sera trop plus à propos qu'il arrive maintenant que* en nule autre saison qu'il peult jamais attendre, et je suplieray le Créateur, après avoir très-humblement baisé les mains de Vostre Majesté, qu'il vous doinct,

Madame, etc.

De Londres , le dernier jour d'apvril 1676.

i94 LETTRES INÉDITES

LA MOTHE*FÉNKLON AU SECRÉTAIRE D'ÉTAT BRULART*. (Dernier jour d'avril 1575.)

Monsieur, je desduictz sommairement en deux lettres que je fay présantement à Leurs Majestez troys petites particularitez l'une de la royne d'Escosse , Taultre de troys gentilzhonMnes freschement arrivez par deçà, lesquelz y ont esté dépeschez par rassemblée naguère tenue à Basle, et la troysième est de l'ellection qu'on a faicte icy du Roy à l'ordre de la Jartière, dont de la première je désire bien qu'il plaise à Leurs Majestez en faire part à MM. les parans de la royne d'Escosse, et à M. de Glasco son ambassadeur, affin qu'ilz ne demeurent trop en peyne de ce que M. de La Chastre leur auroit peu rapporter au vray des rigoureux propos que la royne d'Angleterre luy tint contre la dicte dame.

Quant au second, le temps, possible, me descouvrira ce qu'on tient à ceste heure très-caché et le plus secret qu'il est possible.

Au regard du troisième, j'espère que le Roy l'aura bien agréable, et il est besoing que par ses premières il vous plaise me faire ung honneste article de son contantement, affin que je le puisse monstrer à ceste princesse; mais il y a encore irng quatriesmede mon congé, auquel je inciste extrêmement de faire partir M. de Mauvissière tout incontinant, si desjà il ne l'estoit pour me venir relever; car je viz en telle destresse à présent icy que le cueur me fend, et je n'ay parolle pour le pouvoir assez bien exprimer, dont je vous requiers de la plus profonde aflFection que je puys, et M. Pinart, s'il est venu, et pareillement M. de Morvilliers et M. de Limoges , ung chacun à part et tous les quatre ensemble, qu'il vous plaise me ayder en si bonne sorte que la présante occasion

1. Sur le dos est écrit : Monsieur Bruslart^ conseiller du Roy et secrétaire d'Estat et de Finances de Sa Majesté,

ne se puisse ny passer ny prolonger , et je prieray Dieu , après avoir à tous quatre très-cordialement salué toutes voz bonnes grâces de mes bien fort humbles recommandations, qu'il vous doinct et à eulx, Monsieur, en très-bonne santé, etc.

De Londres , dernier jour d'apvril 1575.

LA MOTHE-FÉNELON A CATHERINE DE MÉDICIS

(6 mai 1575.)

Madame, le mois se va desjà accomplyr que M. de La Chastre est party de ce lieu pour raporter beaucoup d'honnestes et honorables satisfactions de ceste princesse et des seigneurs de son Conseil et de tout ce royaume à Voz Très-Chrestiennes Majestez, d'où Ton commance de s'esbayr beaucoup comme il me tarde tant d'arriver des lettres d'elles poiu* en aller faire quelque agréable démonstration de gratitude de leur part à la dicte dame, mais j'espère que j'auray bien tost de quoy y pouvoir si habondamment satisfaire, que la tardité s'en trouvera bien récompancée. Cependant je continue de vous donner adviz des choses qui surviennent icy, sellon que Vostre Majesté les verra en la lettre que j'escriptz au Roy vostre filz, laquelle suffira pour n'estendre davantage là-dessus la présente, et vous diray seulement, madame, que à ce prochain mois de juing y aura ung an que je n'ay receu ung seul denier de toutes les assignations qu'on m'a baillées à cause que le seigneur Sardini a faict le long et le difficille d'acquitter celles dont M. le trésorier de l'espargne m'avoit adressé sur luy dès l'année passée, de sorte que j'en suys en très-grande peyne,'et en souffre de gros intérestz, en dangier d'estre miz en arrest à ma grande confuzion et au grand détriment de vostre service ; dont

je suplie très-'humblement Vostre Majesté de commander à icelluy seigneur Sardini d'acquitter promptement mes dictes assignations avec rintérest du passé aux seigneurs Macey et Cenamy pour le seigneur Acerbo Velutelly, du quel j'ai tou^our jusques à présent emprumpté ce qui me faisoit du jour à la journée besoing pour mon entretenement, lequel sellon ung advertissement qu'on luy a escript de Paris le XXV"** du passé, du quel il m'a envoyé la coppie (et je l'ay adjouxtée à ce pacquet), il ne me veult plus fomir, ains me menace de me tretter bien rudement pour ce que desjà je luy doibtz; et Vostre Majesté au surplus ne veuille nullement oublyer de faire partir M. de Mauvissière, si desjà il ne l'estoit pour me venir relever, duquel avec grand désir et avec beaucoup de nécessitez j'attendz en très-grande dévotion son arrivée, et je suplieray le Créateur, après avoir très-humblement baysé les mains de Vostre Majesté, qu'il vous doinct.

Madame, etc.

De Londres , le sixième jour de may 1575.

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