LA MOTHE-FÉNELON A BRULART
(12 mai 1575.)
Monsieur, plusieurs occasions me font désirer qu'il m'arrive bien tost quelque dépesche de Leurs Majestez, affin d'aller trouver ceste princesse, à laquelle despuys dix ou douze jours a esté faicte une vifve et fort instante sollicitation sur d'aultres dépesches de divers lieux pour l'induyre à favoriser et soubstenir les ellevez (révoltés) de France, et bien qu'il ne me deffaille argumentz làniessus pour luy pouvoir bien remonstrer le contraire, il deflFauldroit néantmoins beaucoup d'authorité à ce que je luy dirois, si je ne luy parlois sur lettres et sur mandement exprès de Leurs dictes Majestez, et mesmes que l'yssuede la légation de M. de La Chastre requiert bien qu'A soit usé de quelque honneste gratiffication vers la dicte dame, dont j'espère bien qu'il ne tardera plus guières à m'arriver de quoy y bien satisfaire. Je ne veulx vous ennuyer par ceste lettre de nouvelles importunitez, mais je ne puys cesser de vous continuer celles deux que je vous ay cy devant faictes pour mon congé, duquel je suis plus pressé que jamais, et plus que jamais humblement je vous en suplie, et puys pour mes assignations, affin qu'il vous playse faire commander rigoureusement au sieur Sardini, et mesmes le faire contraindre qu'il ayt à les acquiter aux sieurs Macey et Cenamy pour le sieur Acerbo, ainsy que plus amplement je
tOO LETTRES INÉDITES
Tay escript par mes précédantes. Et je suplieray le Créateur, après avoir salué toutes voz bonnes grâces, et celles de M. Pinart, s'il est arrivé, et celles aussi tou^our, s'il vous playt, de M. de Morviliers et de M. de Limoges, de mes bien fort humr blés recommandacions, qu'il vous doinct et à eulz, monsieur, en bien bonne santé très-longue vie, et tout le bien et parfaict contantement que plus et mieulz vous desirez.
De Londres, ce XH"* jour de may 1575.