LA AIOTHE-FÉNELON AU ROT
(18 mai 1575.)
Cette lettre a été publiée (tome VI, p. 428) de la Correspondance diplomatique de La Mothe^Fénelon^ mais le post-scriptvm de la main de La Mothe-Fénelon manque à la lettre. Le voici :
« Tout présantement le sieur de Sabran vient d'arriver avec la dépesche de Vostre Majesté du IIII"*, estant ceste-cy desjà signée ; j'espère voyr demein ou après-demein ceste princesse, et incontinant après je vous manderay de ses nouvelles. »
LA AIOTHE-FÉNELON A CATHERINE DE BfÉDICIS.
(18 mai 1575.)
Madame, je suys tout esbay que je ne veoy arriver mon successeur et mesmes que je n'entendz s'il est encores en chemyn, je vous suplie très-humblement ne luy toUérer plus sa longueur, et suis encore trop plus esbay que voicy le quarantième jour que M. de La Chastre a esté honorablement expédié de ceste
DE LA MOTHE-FËNELON. 20i
court, et que depuys il ne m'est venu de quoy en pouvoir aller porter une seuUe bonne paroUe de la part de Voz Majestez à, ceste princesse. Elle et les siens donnent des diverses interprétations à cela, mais j'espère que bien tost m'arrivera de quoy leur faire prendre et interpréter le tout en bonne part.
J'ai remonstré à Vostre Majesté l'affaire du pastel du sieur Acerbo Vellutelly comme chose fondée en grande équité, et laquelle à cause de cela porte d'elle-mesme sa juste recommandation ; mais encores à cause de vostre service je vous suplie plus humblement et avecq plus grande instance que jamays qu'il vous plaise prendre la dicte affaire à cuem* et l'avoir pour bien fort singulièrement recommandé, et qu'il vous plaise aussi, madame, faire gratif&er le dict sieur Acerbo d'ung aultre faict duquel très-humblement il vous requiert, comme Juy estant très-important, et si est bien fort équitable, c'est qu'il soit mandé à M. de Gourdan et à M. le présidant Jacomela Calaya de faire meetre es mains du dict sieur Acerbo ou de celuy qu'il leur mandera ung certain Angloys qui est au dict Galaya, qui se nomme Edward Boumam, son facteur et serviteur, affin d'estre conduict en ceste ville de Londres pour luy rendre compte de l'administration qu'il a exercée pour luy et de son argent, crédict et marchandises l'espace de huict ans, ainsy que plus à plain tout le dict faict est contenu en ung escript à part du dict sieur Acerbo, sur lequel je tourne de rechef suplier très-humblement Vostre Majesté de lui vouloir en très-bonne sorte promptement et seurement pourvoir selon son honneste désir et selon qu'il a bien mérité cela et plus grande chose de vostre service, et qu'il n'est nulement besoing qu'il cesse d'en vouloir encores bien mériter, et je suplieray le Créatem*, après avoir très-humblement baisé les mains de Vostre Majesté, qu'il vous doinct, etc.
De Londres, ce VIII"» jour de may 1575.
J'adjousteray icy une aultre très-humble requeste que vous faict encores le siem* Acerbo, de laquelle je luy ay osé confi-
demmetit promectre qu'il n'en sera nulement éconduict , c'est qu'il vous plaise luy impétrer du Roy vostre filz une lettre, et luy en octroyer une aultre lettre, toutes deux d'une bien expresse et bien espéciale recommandation pour M. le grand maître de Malte, qu'il vueille concéder son ordre au sieur Fabio Vellutelly, gentilhomme Lucoys, nepveu du dict sieur Acerbe, lequel délibère d'aller servir par delà au prochain moys de juing, et bien qu'avant recepvoir le dict ordre il seroit possible requis qu'il eust faict quelque service, que néantmoins le dict sienr grand maistre en faveur de Voz Trè&-Chrestiennes Majestez ne luy veuille différer ceste grâce, et qu'il vous plaise faire délivrer les dictes lettres au sieur Sardiny qui les adressera au dict sieur Fabio, et ce sera une honneste gratiffication que Voz Majestez auront vers l'oncle et le nepveu dignement colloquée.
De la main de La Mothe^FéneUm. Despuis ce dessus le sieur de Sabran est arrivé.