‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 25 sur 215 · LETTRE DU CARDINAL DE LORRAINE · texte numérisé non relu

LETTRE DU CARDINAL DE LORRAINE

à sa profonde retraite dans son diocèse. Elle est écrite deux jours après la dépêche de Catherine de Médicis et adressée également à l'ambassadeur de France en Espagne : « Monsieur de Limoges , M. de L'Aubespine , votre frère , m'a envoyé la lettre que vous m'avez écrite, ayant été bien aise d'entendre l'ample discours que vous me faites des nouvelles de par delà , dont je vous remercie. Je voudrois avoir de quoi me revancher en ce lieu où me suis retiré et y ai séjourné tout ce carême , et ne vous en saurois rien mander que de dévotions et prédications où je me suis occupé , instruisant et édifiant mon petit troupeau, vous assurant que j'y prends autant de plaisir que j'ai autrefois fait aux travaux et labeurs de la cour , et y sens tant de douceur et de repos que le désir d'y retourner est maintenant fort éloigné de ma fantaisie; mais soyez assuré qu'en quelque part que je sois , vous aurez toujours en moi un ami bien prompt et affectionné à s'employer pour vous faire plaisir. Je pars demain pour conduire la reine Marie , qui est ici , jusques à Joinville , et de là je passe en Lorraine , en intention de me rendre ici de retour pour le sacre qui est résolu à l'onzième du mois de mai. J'ai été bien aise d'entendre par vos lettres la bonne santé de la reine d'Espagne, à la Majesté de laquelle je vous prie baiser les mains de ma part et présenter mes très-humbles recommandations à sa bonne grâce. Mais il me déplaît de voir que l'affaire du concile se poursuive , comme vous dites , par delà si lâchement, pour le besoin où nous tirent les affaires de la religion qui viennent tous les jours en plus grande combustion par deçà, comme je pense que vous serez amplement informé par les dépêches de la cour. J'espère que Dieu aura pitié de son Église et de nous , et y envolera le remède nécessaire, dont je le prie de bon cœur , et qu'il vous donne , monsieur de Limoges, entièrement ce que mieux vous desirez. De Reims, ce IX* jour d'avril 1661 *. »

Page 1