‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 24 sur 215 · OPPOSITION DE CATHERINE · texte numérisé non relu

OPPOSITION DE CATHERINE

aisé de voir de quel pied il chemine , n'étant pas sans soupçon qu'il ne fût par aventure chargé de quelque autre office, ni que ceux qui poursuivent sourdement le mariage du gentilhomme * ne fussent bien pour s'en aider. Je le dis pour le doute que j'ai toujours , et qui m'est ji'autant plus augmenté par votre dernière dépêche" , par où j'ai vu que l'on n'oublie pas à faire les pires offices que l'on peut pour rendre mes actions odieuses par delà et faire luire les autres. Ce que je m'assure ne pouvoir sortir d'autre boutique que de celle des dits poursuivants, lesquels ne peuvent goûter cette diminution de grandeur. Le dit gentilhomme (Marie Stuart) est ces jours parti de cette compagnie et doit, après cette fête (Pâques), aller voir sa grande mère , et , à ce que j'entends , l'est venue voir à Reims la duchesse de Arschot. Il y a eu de grands discours entre eux deux et l'oncle qui est là (Charles de Lorraine). Je ne sais si ce seroit point un précurseur pour commencer à bâtir cet édifice ; ce dont vous pourrez avertir la reine ma fille ', afin qu'elle envoie découvrir par delà ce qui peut être du dit voyage, comme je fais de mon côté.» On voit nettement dans cette lettre l'antipathie de Catherine de Médicis contre Marie Stuart et la maison de Guise. Elle ne doute pas de leurs intentions à son égard ; elle les signale comme les auteurs des bruits destinés à exciter la colère de Philippe II contre son gouvernement. Vainement le cardinal de Lorraine affectait de se renfermer dans la pratique de ses devoirs religieux et de se consacrer tout entier à la prédication. Catherine ne partageait pas, il est facile de le voir, la confiance des panégyristes anciens et modernes de ce prélat. Voici toutefois une lettre inédite du cardinal de Lorraine que pourront invoquer ceux qui croient à sa sincérité et

1 . G est par ce nom que Marie Stuart est désignée dans toutes les dépêches de Catherine relatives à cette négociation.

2. Voy. la dépêche de l'évêque de Limoges du 17 mars 1560 (1561), dans les Négociations relatives au règne de François //, p. 834.

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