‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 29 sur 215 · A L'AMBASSADEUR DE FRANCE EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

A L'AMBASSADEUR DE FRANCE EN ESPAGNE

ner fureur au fait de la religion si troublée qu'elle est à cette heure ; qui sont deux articles que le dit roi catholique , comme prudent qu'il est, considère plus que chose qu'il soit. Or, si j'avois assurance de le voir, quand ce ne pourroit être que vers la fin de cette année, ce me seroit un moyen ce pendant de contenir en Tun et l'autre point le roi de Navarre, le nourrissant d'espérance que cette vue apporteroit quelque raison de ce qu*il prétend, et de crainte pour faire aller le dit roi de Navarre et ceux qui le poussent, et par conséquent tout ce royaume , plus retenus au fait de la religion.

« Davantage, si le mariage de ma fille la reine d'Ecosse* est si avant en termes que nous le pensons , ce seroit un objet pour le refroidir et tenir la poursuite en suspens. Par ce moyen, nous voyant l'un l'autre, qui ne seroit sans mener ma petite fille ', peut-être que j'en ferois sortir ce que je désire. A la nouvelle de cette vue , se contiendroient et refroidiroient tous desseins, menées et pratiques qui se peuvent par aventure faire par le roi catholique , au préjudice de ce royaume, ou autres qui seroient bien aises de le voir troublé. Si je le voyois aussi disposé à la pratique du religieux dont m'avez envoyé les paquets, chose que j'ai grandement à cœur, j'y acheminerois ce que je désire en voir, et par aventure il se feroit pour cela entre lui et moi tel marché que nous en tirerions toua les deux profit et honneur et avancement pour nos deux maisons, et de là pourrions prendre pied pour leur donner plus d'accroissement , et ne lui serviroit pas peu cette faveur pour le repos en ses affaires de Levant et crainte à tout le demeurant de la chrétienté qui ne pend, comme vous savez, que de l'œil et confort de toutes deux, et étant unies en une même chose nous

1. n s'agit toujours du projet de mariage de Marie Stuart ayec don Carlos, fils de Philippe II.

2. Marguerite de Valois, née en 1552 , et qui par conséquent n'avait que neuf ans à Tépoque où sa mère écrivait cette lettre. Catherine aurait voulu la marier à don Carlos. On sait qu'elle épousa, en 1572 , Henri de Navarre.

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