‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 36 sur 215 · INFLUENCE ANGLAISE EN ECOSSE · texte numérisé non relu

INFLUENCE ANGLAISE EN ECOSSE

Marie Stuart n'avait que de la défiance pour Catherine de Médicis et son gouvernement, et, pendant deux années (1561-1663), la reine d'Ecosse sut si bien dissimuler ses rapports avec les Guise, qu'au jugement de l'ambassadeur anglais, Thomas Randolph*, il n'y avait pas plus de relations entre l'Ecosse et la France qu'entre l'Ecosse et la Moscovîe. L'ambassadeur français en Angleterre, Paul de Poix*, était sérieusement préoccupé de l'influence qu'Elisabeth acquérait en Ecosse. Il envoya à ce sujet un mémoire au roi Charles IX'. Il y parle d'une entrevue que l'ambassadeur de Marie Stuart, Lethington, avait ménagée entre cette reine et Elisabeth et qui devait avoir lieu à Nottingham : « Sur quoi, ajoute-t-il, il plaira au roi de remarquer que les princes ne se mettent pas volontiers en ces grandes dépenses pour la seule amitié et bienveillance et pour s'entre-saluer etvoir; ains (mais) toujours ont dessein de faire leur profit commun, et souventes fois au préjudice d'un tiers. » Paul de Poix insiste ensuite sur les fâcheuses conséquences d'une alliance étroite entre l'Angleterre et l'Ecosse : « Ce seroit chose dommageable au roi, lui étant très-commode que les Anglois aient à leur dos un ennemi pour les empêcher de rien entreprendre en Prance. »

centes, est blâmée par les contemporains les plus judicieux. Michel de Gastelnau , dont on a invoqué le témoignage en leur fayeur , est Thistorien qui les condamne avec le plus de force. On a oublié le passage suivant : a Ils ont fait une playe fort sanglante en France , ayant esté d'avis d'envoyer des François pour faire la guerre à TEscosse , qui estoit un rempart pour la France, lorsque les Anglois vouloient y entreprendre quelque chose, etc. » Liv. I, chap. vi. Immédiatement après , Tauteur prouve que ces mêmes Guise avaient su , en Allemagne et en Suisse , séparer les questions religieuses des questions politiques.

1. Lettre de Randolph, citée par P. Fr. Tytler, HisU d^Écosse^ t. VI, p. 269.

2» Paul de Foix, né en 1&28 et mort en 1584 , fut un des hommes d'État les plus éminents de cette époque.

3. Ce mémoire se trouve dans les manuscrits de la Bibl. imp., S. F,

u* -^, pièce 64. — Voy. aussi Papiers d*État relatifs à Vhistoire d'Ecosse , p. 24-30.

Page 1