INFLUENCE ANGLAISE EN ECOSSE
A l'appui de cette assertion, les exemples historiques* sont énumérés par l'ambassadeur, qui n'oublie ni Gharlemagne, ni Louis XI, ni François P'. Paul de Foix craint que l'ancienne alliance de la France et de TÉcosse ne soit menacée par les intérêts des reines d'Angleterre et d'Ecosse. « Pour la reine d'Angleterre, dit-il, il lui est grande commodité et sûreté, pour couper occasion à ses sujets, tant catholiques, qui ne sont pas en petit nombre, que autres , de s'appuyer de la reine d'Ecosse et se servir d'elle, par le moyen du droit qu'elle prétend en ce royaume. D'autre côté , semble que la reine d'Ecosse très-volontiers lui satisfera en cela pour obtenir déclaration de sa succession après elle en Angleterre et faire ôter les empêchements par lesquels l'on prétend qu'elle est exclue de tout droit successif en ce pays. » Paul de Foix termine en insistant sur la nécessité de s'opposer à tout ce qui pourrait porter atteinte à l'amitié séculaire de la France et de l'Ecosse.
Marie Stuart, avant d'abandonner une alliance ancienne pour des relations nouvelles et suspectes, demandait des garanties : elle voulait qu'Elisabeth reconnût son droit de succession à la couronne d'Angleterre. Mais l'artificieuse Elisabeth l'amusa par d'interminables négociations. Ce fut en vain que Melvil, Lethington, Murray la pressèrent de tenir ses promesses*; elle craignait, disait-elle, « le soleil levant. » En même temps, les ministres presbytériens devenaient plus audacieux ; J. Knox poursuivait la reine de ses invectives ; la chapelle royale de Marie était violée et les prêtres catholiques n'échappaient qu'avec peine aux coups du fanatisme protestant*.
Marie Stuart, trompée par Elisabeth, délaissée par Catherine de Médicis , menacée par les protestants d'Ecosse , s'attacha de plus en plus au parti qui avait toujours eu ses sympathies. Elle n'avait cessé, depuis son départ de