‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 38 sur 215 · Idem, ibidem, p. 278 et suiv · texte numérisé non relu

Idem, ibidem, p. 278 et suiv

NÉGOGUTlOiNS MATRIMONIALES (1562-1564). 33

France, de correspondre avec les princes lorrains ses oncles, et même au commencement de Tannée 1662, elle leur avait envoyé un de ses gentilhommes pour les assurer de son appui, s'ils étaient inquiétés par la cour de France. La preuve de ce fait se trouve dans la justification hautaine que François de Guise et son frère le cardinal de Lorraine adressèrent à Catherine de Médicis le 27 janvier 1561 (1562)*. Voici le commencement de cette lettre; c'est la seule partie qui concerne Marie Stuart : « Madame , la reine d'Ecosse votre fille a envoyé vers nous le sieur de Montignac présent porteur en bien grande diligence, et, pour vous dire franchement l'occasion, elle cuidoit (croyait) que nous eussions si mauvaise part en votre bonne grâce que nous en fussions pour cela en peine, et même on lui avoit mandé que moi , duc de Guise', étois mandé pour m'aller justifier en personne. Nous ne vous saurions assez exprimer combien d'honnêtes offres elle nous faisoit ; car, madame, vous connoissez son cœur et son bon entendement, et puis, outre le sang dont nous la touchons et les services que nous lui avons faits, elle n'oublie point comme nous avons bien servi le roi son beau-père*. Or, Dieu merci, madame , nous lui avons incontinent fait entendre qu'elle n'en devoit être en peine. Car, puisqu'elle nous connoît tels que nous sommes, et, que par les propos qu'elle a tenus à monsieur de Foy* et ce que par lui elle vous a écrit , vous avez assez connu qu'elle répondoit pour nous, s'il en étoit besoin , et n'est pas de celles qui donnent créance aux faux bruits et rapports des méchants, elle ne devoit point penser que vous fussiez aussi pour y ajouter foi. Car vous avez assez d'expé-

1. La copie de cette lettre inédite se trouve dans les manuscrits de la bibl. de Rouen, f. Leber, portefeuille B, n<» 5720.

2. François de Lorraine» né en 1519, assassiné devant Orléans en 1563.

3. Henri IL Allusion à la prise de Calais par François de Guise, et à Tingratitude dont son parti accusait Catherine de Médicis.

4. Paul de Foiz, alors ambassadeur de France en Angleterre, comme on Ta vu plus haut, p. 3t.

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