MARIE STUART ÉPOUSE DARNLEY
apprendre , dès sa jeunesse , à jouer du luth et à dansera » Les frivoles talents et la beauté de Henri Darnley inspirèrent à Marie une si violente passion, que Gastelnau ne l'expliquait que par l'influence « d'enchantements artificiels •. » Le roi d'Espagne favorisa la passion de Marie Stuart pour ce seigneur. N'ayant pas réussi à marier don Carlos avec la reine d'Ecosse , il cherchait par-dessus tout à écarter les prétendants français et anglais. Le duc d'Albe déclarait formellement à l'envoyé de Marie Stuart « que nulle alliance , pour assurer le succès de ses prétentions et le repos de son royaume , ne pouvoit lui convenir davantage que celle de la famille de Lennox*. »
Michel de Gastelnau fut témoin des progrès de la passion de Marie Stuart qu'il s'efforça vainement de combattre. Il consentit enfin à demander l'approbation de la France pour le mariage de Marie avec Darnley , quitta l'Ecosse en avril 1566 et se trouvait à Londres au mois de mai, comme l'atteste une lettre qu'il adressa de cette ville à Catherine de Médicis. Cette lettre inédite prouve qu'Elisabeth ne décourageait pas entièrement les espérances matrimoniales de Catherine de Médicis *.
* Madame, depuis ma lettre écrite, M. le comte de Leicestre m'a envoyé quérir pour dîner, et, ayant passé toute la journée recevant beaucoup d'honneurs de la reine et de tous les seigneurs, il m'a encore donné à souper, au jardin, avec force seigneurs et dames, et, après le souper, la reine s'y est venue pourmener. Sa Majesté m'a appelé, me faisant cet honneur de deviser avec moi de beaucoup de choses, et, parlant de l'ambassadeur de l'empereur qui est venu vers elle depuis trois jours (toutefois il n'a encore eu audience) , me