‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 50 sur 215 · POLITIQUE DE CATHERINE DE MÉDICIS · texte numérisé non relu

POLITIQUE DE CATHERINE DE MÉDICIS

l'Angleterre ; Catherine de Médicis éprouvait ou affectait une crainte du parti protestant qui la rapprochait de Philippe IL Elle écrivait à la reine d'Espagne, sa fille, au commencement de Tannée 1566 * : « Encore que l'amiral • demeure en la cour, il y sera comme s'il étoit mort ; parce que , avec l'aide de Dieu , je ne me laisse gouverner ni aux uns ni aux autres , pour avoir trop bien connu que tous aiment moins Dieu , le roi votre frère et votre mère, que leur profit, leur grandeur et la satisfaction de leur ambition; et, comme ils savent bien que je ne souffrirai pas que le roi et le royaume soient ruinés par eux, ils ne m'aiment qu'en paroles , connoissant que je n'ai autre pensée que la conservation du roi, de son royaume et de ses frères, et que je ne veux que ce qui leur est utile ; ce qui est cause que je ne me fie à aucun. Je sais aussi qu'ils cherchent à me mettre mal avec le roi votre frère • ; mais , avec l'aide de Dieu , je les en garderai bien , et je conserverai la vie de vos frères , comme la chose du monde que j'ai de plus cher. Assurez le roi votre mari que , tant que je vivrai , il n'aura de ce côté chose qui le puisse fâcher, et aussi que le supplie de ne point croire à tout ce qu'on lui écrit ; mais que je n'ai qu'un but : assurer la conservation de mes fils et les maintenir en notre commune amitié. »

Marie Stuart , que ses sympathies avaient toujours portée vers l'Espagne, s'empressa d'accéder à la hgue qui se formait sous les auspices de Philippe II* et qui menaçait d'accabler Elisabeth. Le secrétaire intime de la reine d'Ecosse, le Piémontais David Riccio, était un des agents les plus actifs de la faction espagnole. Cette circonstance suf-

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