‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 54 sur 215 · TROUBLES D'ECOSSE · texte numérisé non relu

TROUBLES D'ECOSSE

tement du sieur de Mauvissière * est que la reine d'Ecosse étoit à Esterlin (Stirling) en très-bonne disposition ; que le roi son mari étoit à huit lieues de là , à la chasse , avec peu de compagnie et assez mal content ; mais ce n'est plus chose nouvelle, ni de laquelle il faille faire fondement d'aucun trouble, pour ce qu'ils ne peuvent être ensemble trois jours qu'il n'y ait quelque riotte*. » Peu de temps après, le 21 oc-tobre 1666, Bochetel de La Forêt écrivait encore à Charles IX': « Je parlai hier à Melvil, qui m'a dit que, pour deux occasions, il avoit été envoyé de deçà (d'Ecosse) : la première, s'il se parleroit point à ce parlement de la succession, afin que, suivant ce qu'il verroit les choses avancées, il en tînt sa maîtresse avertie, pour incontinent envoyer de deçà Le^ thington pour débattre son droit ; l'autre, pour se plaindre à la reine d'un tort qui a été fait à la dite dame en une dispute d'écoliers en cette ville (Londres), où la résolution a été qu'ils trouvoient, par toutes leurs lois et coutumes , que, comme étrangère et née hors de ce pays, elle (Marie Stuart) ne pouvoit succéder à cette couronne, encore qu'elle fût la plus propre et la plus habile. Melvil m'a dit qu'à son partement le roi d'Ecosse étoit sur le point de s'en aller en Flandre, disant pour couleur qu'il étoit jeune et qu'il vouloit aller voir les pays étrangers, et que de là il pourroit passer en France ; mais que la principale occasion étoit le mécontentement qu'il avoit de ce que la reine ne lui vouloit point faire avoir la couronne matrimoniale*, et qu'il se plaignoit que ainsi qu'il étoit il n'avoit non plus d'avantage que le moindre seigneur d'Ecosse. »

Ce fut vers cette époque que la cour de France, comprenant enfin combien il lui importait de maintenir l'Ecosse dans ses intérêts, y envoya un ambassadeur permanent (octobre 1666).

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