‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 55 sur 215 · MEURTRE DE DARNLEY · texte numérisé non relu

MEURTRE DE DARNLEY

Du Croc , qui fut chargé de défendre les intérêts français en Ecosse, ne tarda pas à reconnaître que la réconciliation entre Marie et Darnley n'était qu'apparente, et fit de vains efforts pour la rendre plus solide*. Darnley, faible et vain, se montrait de plus en plus « indigne de l'honneur que lui avoit fait en l'épousant cette belle princesse, veuve d'un si grand roi*. » Ghercha-t-elle alors un appui dans l'amiral d'Ecosse, John Hepburn, comte de Bothwell? Une nouvelle et fatale passion l'entralna-t-elle vers cet homme énergique et souillé ? C'est là un problème qui semble résolu par les travaux les plus récents et les plus consciencieux sur l'his^ toire de Marie Stuart'. Ce qui est certain, c'est que le meurtre de Darnley (10 février 1567) fut imputé à la reine d'Ecosse par l'opinion publique *. Le comte de Morette, ambassadeur du duc de Savoie en Ecosse et partisan de la reine, vint à cette époque même à Londres *, et, dans des entretiens confidentiels avec l'ambassadeur d'Espagne, répéta que Marie avait connu et encouragé le complot contre Darnley. Le témoignage de l'ambassadeur vénitien, J. Correro, écrivain catholique et impartial, prouve que ces bruits trouvaient crédit en France. Il écrivait de ce pays en 1669* : « Poussée par le ressentiment et l'amour, elle donna, diton, son consentement à la mort de son mari. » Plus loin, déplorant les malheurs de la reine d'Ecosse, il ajoute qu'ils sont mérités \ Marie donna une nouvelle force aux bruits qui couraient

1. Lettres des seigneurs d'Ecosse et de du Croc à Catherine de Médicis, dans les Papiers d*État relatifs à V Ecosse, t. II, p. 139 à 147.

Page 1