‹ Marie Stuart et Catherine de Médicis: étude historique sur les relations deChapitre 71 sur 215 · MORT DE CHARLES IX · texte numérisé non relu

MORT DE CHARLES IX

crée. Ses sympathies pour les Guise et l'Espagne , son exaltation religieuse devenaient de plus en plus ardentes. Elle accusait la perfidie d'Elisabeth et la coupable indifférence de Catherine de la perte de sa puissance et des malheurs qui l'accablaient. Ce fut cependant l'ambassadeur français qui réussit, non sans peine , à conjurer le danger qui menaçait sa vie. « L'on ne cessoit, dit La Mothe-Pénelon *, à toutes les délibérations du conseil d'État et du parlement général du royaume , de presser la reine d'Angleterre de faire mourir, comment que ce fût, la reine d'Ecosse. » Le duc d'Albe , sur lequel Marie Stuart avait fondé de chimériques espérances , et qui l'avait compromise , puis abandonnée, était rappelé des Pays-Bas (1573). Philippe II ne paraissait plus s'inquiéter du sort de la reine prisonnière. Marie Stuart, trompée par l'Espagne, chercha encore une fois à se rapprocher de la France. Les lettres qu'elle écrivit à cette époque s'adressent surtout à La Mothe-Fénelon, et sollicitent la protection de Catherine de Médicis*.

La mort de Charles IX (30 mai 1574) fit espérer à la reine d'Ecosse un changement favorable dans sa fortune. Le nouveau roi Henri III était celui de ses beaux-frères « qui l'aimoit le mieux*. »• Mais ce roi efféminé abandonna le pouvoir à Catherine de Médicis, qui s'inquiétait peu de sa belle-fille. Elle aurait voulu cependant relever l'influence française en Ecosse. Depuis la fuite de Marie Stuart, la France avait perdu presque tout crédit dans ce royaume. Vainement elle y avait envoyé Verac et du Croc pour soutenir les lords de la reine. Dumbarton, le château d'Edimbourg, et toutes les places qui tenaient pour Marie avaient successivement été enlevés. Les quatre régents , Murray , Lennox , Marr et Morton, qui avaient gouverné l'Ecosse de 1568 à 1575, apparte-

1. Corresp, dipîom, de La Mothe-Fénelon, mémoire présenté au roi en 1675,t. I. p. 17.

2. Lettres de Marie Stuart , t. iV , p. 69, 74, 80, 85, 88 , 106 ,131 , 156, etc.

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