PLAINTES DE MARIE STUART
affaires de la reine et celles de France qui se veuille ou ose assurer en ses actions et son langage. » Marie Stuart n'en remerciait pas moins Gastelnau de ses bons offices^ , mais en même temps elle insistait pour que les Guise plaçassent près de l'ambassadeur un agent dévoué à leurs intérêts* ; elle se plaignait « des mauvais déportements de M. de Mauvissière qu'on tient pour un demi-bouffon*. Si le roi ne le révoque bientôt, ajoutait-elle*, il reconnoîtra trop tard le tort qu'il fait à sa réputation et au bien des affaires de deçà. » Elle paraît convaincue qu'on ne peut laisser en Angleterre cet ambassadeur, « dont on a perdu toute opinion*, » et elle recommande à son envoyé « de tenir la main auprès du roi et de messieurs ses parents à ce qu'on donne à Mauvissière un successeur vrai catholique^. » Ces derniers mots révèlent toute la pensée de Marie Stuart, et la date même de la lettre est significative. Elle est écrite au moment où la Ligue venait de recevoir une organisation menaçante et imposait ses volontés à Henri III. Quiconque n'adhérait pas à la Ligue n'était pas vrai catholique. Tel fut le crime de Gastelnau aux yeux de la faction espagnole. Du reste, la conduite de cet ambassadeur prouva jusqu'à l'évidence qu'il n'était pas plus Anglais qu'Espagnol ; il n'avait qu'un but, l'honneur et la puissance de la France'' ; son zèle et son dévouement finirent même par triompher des préventions de Marie Stuart.
Jamais Gastelnau, malgré les difficultés de sa position, ne cessa de veiller à la défense réelle des intérêts de la