PRUDENCE ET ZÈLE DE CASTELNAU
France en Ecosse. Il ne négligeait pas non plus la cause de Marie Stuart. Sa correspondance diplomatique l'atteste : on y voit avec quelle attention il suivait les discussions relatives à la succession à la couronne d'Angleterre', qui intéressaient à un si haut point la reine d'Ecosse. Au moment même où Marie Stuart se plaignait le plus amèrement d'être délaissée, Castelnau écrivait à Henri III' : « Depuis que je suis en ce royaume , il ne s'est passé six jours que je n'aie été en action (pour le bien et affaires de la reine d'Ecosse), sans y épargner esprit, labeur ni moyen qui soit en ma puissance. »
Mais, avant tout, l'ambassadeur s'efforça de relever le parti français en Ecosse. Il ne cessait d'entretenir la cour de l'état de ce pays et des mouvements qui l'agitaient. Il signalait l'opposition qui se formait contre le régent Morton, chef du parti anglais : « Le commun bruit et opinion est qu'il est plein d'avarice et d'exactions sur le peuple, et beaucoup plus haï qu'aimé, et tous les jours en danger d'être tué*. » Il négociait avec Elisabeth pour empêcher cette reine de porter atteinte aux anciens traités de la France et de l'Ecosse*, et il s'adressait aux nobles Écossais restés fidèles à sa patrie pour stimuler leur zèle'. Le 19 septembre 1678 , il écrivait encore au roi de France • : « J'ai envoyé en Ecosse pour les avertir doucement de garder toujours l'ancienne amitié et devoir d'alliance avec Votre Majesté et votre royaume, et
1 . Lettres de Castelnau au roi (du 29 février et du 8 avril 1576). Bibl. imp. , ms. , collect. des 600 de Colbert, t. 337 , p. 600 et 626. — Cf. Pa/pieri d'É- UU relatifs à VÉcosse , t. II , p. 349 et 353.
2. Lettre du 25 novembre 1577, ibidem, p. 723. — Cf. Papiers d'État relatifs à l'Ecosse , ibidem, p. 367.
3. Lettre de Castelnau au roi (29 octobre 1577) . Bibl. imp., ibidem, p. 694. — Cf. Papiers d'État relatifs à l'Ecosse, ibidem, p. 364.
4. Lettre du 27 août 1578, Bibl. imp., ms., f. Saint-Germain-Harlay , n« 223, fol. 9, V*. — Cf. Papiers d*État relatifs à V Ecosse, ibidem, p. 384.