‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 110 sur 257 · T. I, p. 27 A ; d’après Tytler. t. V, p. 383, édit. 184ô · texte numérisé non relu

T. I, p. 27 A ; d’après Tytler. t. V, p. 383, édit. 184ô

L’ASSASSINAT de darnley.

sion, le dire insoutenable de Nelson, sur l’inspiration soudaine qu’elle simule pour obéir au signal de Paris. Cette manière de parler , se rappelle alors , en dit trop pour une allusion, et n’accuse pas assez franchement pour une incrimination.

Marie Stuart et sa suite revinrent à la clarté des torches vers Holyrood. Elle acquitta sa promesse aux deux époux, Sébastien et Marguerite. Paris avait encore suivi Bothwell au bal, la consternation sur le visage. « Et moy, dit-il, je m’en voys en ung coing, là où monsieur de Boduel me vint trouver, me demandant ce que j’avoys d’ainsy fai re la mine, et que, si je lafaisoys ainsy devant la Royne, qu’il m’accoustreroitde telle façon que je ne fus jamais. » (Teul. p. 90.) Si Marie Stuart avait été de la conjuration, et avait tenu au valet les propos cyniques qu’on lui attribue à propos de l’emplacement de son lit et des clefs, le comte aurait-il craint qu’elle soupçonnât quelque chose? Son inquiétude aurait dû être que la mine elfarée de Paris ne les trahit aux yeux exercés de quelque personnage de la cour. A minuit, la reine emmena ses dames et la mariée , et chacun se relira1.

Bothwell déposa chez lui son riche costume qu’il échangea contre des vêtements grossiers. Il emmena Paris, Dalgleish, Wilson et Powrie, répondit au qui vive? d’une des sentinelles des jardins d’Holyrood, se tit ouvrir bruyamment la porte de la Canongate par le gardien, passa par la maison d’Ormiston qui, épouvanté de ce qu’il avait déjà fait, ne se montra pas, et de là se dirigea vers Kirk-of-Field. Darnley s’était endormi; dans sa chambre couchait William Taylor, non pas jeune page comme on l’a dit par erreur , mais

1. Miss Strickland (t. V, p. 105) fait observer que parmi les dames figuraient les comtesses de Mar, d’Athol et de Bothwell; que ces dames, spectatrices de sa vie, auraient été des témoins bien dangereux, si elle avait mérité des reproches. Jamais la comtesse de Bothwell n’éleva de plainte contre la reine pour sou mariage avec le comte; et lady Athol, après la mort de son mari, sollicita la faveur de partager, ainsi que sa fille, la prison de Marie Stuart en Angleterre.

L’ASSASSINAT DE DARNLEY

vieux serviteur de la famille'. On ajoute aussi que Darnley, qui n’avait pas vu partir sa femme « sans tristesse et sans une crainte secrète, pressentant en quelque sorte le péril mortel qui le menaçait, chercha des consolations dans la Bible et lut le psaume lxv, où se trouvaient des paroles conformes à sa situation*. » Comment le sait-on 1 Tous ses serviteurs périrent avec lui , excepté Nelson qui n’en parle pas et se contente de dire qu’à partir du coucher du roi, il n’eut plus connaissance de rien jusqu’au moment de l’explosion. Lire la Bible et les psaumes était une pratique protestante, et le roi était revenu avec plus de ferveur que jamais au catholicisme. On a inventé ce détail pour mieux mettre en relief les soupçons supposés, dont on veut à toute force que le malheureux ne pût pas se défendre contre sa femme. Le moment fixé était arrivé.

Comment eut lieu l’assassinat ? Il est surprenant que les dépositions de Paris , Dalgleish, etc. si prolixes sur les préparatifs , soient ou mensongères ou muettes sur les circonstances mêmes de la mort. Ce silence ne se comprend pas, si Bothwell et sa bande sont les seuls auteurs du crime ; il est naturel au contraire s’il y avait d’autres complices, qui furent assez forts et assez adroits pour tout rejeter sur les premiers et pour tenir le voile sur leur participation au forfait commun. Les ennemis de Bothwell et les calomniateurs de Marie Stuart accréditèrent de leur mieux le bruit que Darnley avait péri par la poudre. Ainsi , dans la première confession de Paris : • ledit seigneur de Boduel s’en va à la porte du jardin (du logis du roi), et puis revint vers nous, là où Jehan Hepburn et Jehan Hay s’en viendrent, et incontynent comme ilz avoyent parlé à luy, voylà comme une tempête ou un tonnoyre qui se (va) eslever. De la peur que j’eu3 je cheus en terre.... » (Teul. p. 91). — Dans sa

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