Anderson, t. 1, p. 52-4. Keith, p
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vée ; que d’ailleurs, elle était circonvenue par les complices de Bothwell.etque, malgré les proclamations royales, nul n’avait apporté de révélation. Ne peut-on pas admettre sa bonne foi dans l’erreur, quand Lennox contracte, de bonne foi sans doute, amitié avec les associés de Dunkeld, ceux qui, deux années durant, avaient conspiré contre la vie de son lils? Si le 1 1 avril, deux mois après le crime, il n’avait recueilli aucune preuve, s’il en était toujours pour toute base et toute science, aux placards qui accusaient Bothwell et Marie Stuart ensorcelés, qu’avait-il donc fait ? Comment supposer qu’il emploierait plus fructueusement le délai qu’il réclamait ? A la vérité, d’anciennes lois avaient prescrit un intervalle de quarante jours entre la citation et le jugement. Peu à peu, la royauté avait réduit ce terme à quinze jours. Seulement, durant la minorité de Jacques V, le Conseil privé avait maintenu les quarante jours pour les cas de trahison (1515). Mais ce n’était pas une loi de l’État; et le Conseil de 1567, en adoptant la limite de quinze jours qui resta détinitivement en usage, ne fit que sanctionner la règle dominante. Au reste, le délai de quarante jours avait été institué jadis, expressément dans l’intérêt du défendeur. Si donc une des parties avait eu sujet de se plaindre, c’eût été l’accusé et non l'accusateur’. D'ailleurs dérogeât-on à la coutume, n’était-ce pas encore pour complaire à l’impatience de Lennox? Supposons Marie Stuart accordant le délai en question; qui nous garantit qu’on ne l’accuserait pas de froideur et d’intention de gagnerdu temps et d’étouffer la vérité? Enfin, quel que fût l’accueil qu’elle eût réservé à la requête de Lennox, il est clair qu'elle ne pouvait plus en tenir compte, puisque cette lettre, envoyée de Stirling le 11 avril, ne lui parvint que le 12 au plus tôt, le matin même du jugement, trop tard pour rien contremander. Lennox n’a-
1. Goodall,J. I. p. 346-7. — Keith, p, 378, note a, est d'avis que quinze jours étaient le terme légal. Au parlement (lu 15 décembre 1567, tenu par le régent Murray et sa faction, on n'éleva pas d'autre récrimination, sinon qu’il n'y avait pas eu le délai de quinze jours pleins, prescrit par les lois et la coutume du royaume. — Acta parliamentorum , l. 111, p. 7.
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vait qu’à s’y prendre de meilleure heure. Que n’osait-il payer de sa personne ?
Il en fut de même de la lettre qu’Élisabeth écrivit à sa cousine, d’après la demande du comte. La reine d’Angleterre y affectait ce ton de supériorité haineuse et vertueuse, qui caractérise ses rapports avec Marie Stuart. Elle la menaçait des soupçons qui tourneraient contre elle; elle serait l’opprobre du vulgaire: « et plutôt que cela vous avienne, je vous souhaiterois une sépulture honorable, qu’une vie maculée; vous voyez, madame, continuait-elle avec un sangfroid merveilleux, que je vous traite comme ma fille'. « Cette épltre, datée de Westminster, 8 avril, fut apportée à Holyrood le matin du 12 avril, par le grand prévôt de Berwick, un des officiers de Drury. La manière dont les grands reçurent le messager est trop particulière, pour que nous ne donnions pas le récit que Drury en transmit à Cécil, d’après le rapport du prévôt1: « Le prévôt arriva au palais le 12 à six heures du matin, et sur le champ lit ses diligences pour remettre à ia reine la lettre dont il était porteûr. Il se tint dans la cour un bon moment, s’adressant de son mieux aux personnes du service delà reine. Elles lui dirent qu’il était trop matin, que sa majesté dormait, et lui conseillèrent d’attendre qu’elle fût levée. Il s’en alla donc en ville, revint bientôt ; et comme elle n’était pas encore levée, il se promena jusque sur les neuf ou dix heures, que tqps les lords et gentilshommes s’assemblèrent pour monter à cheval. Il crut le moment favorable et entra dans la cour, ainsi qu'il avait fait peu auparavant. Mais soit que l’on conjecturât, ou qu’il se fût ébruité que l’objet de la lettre était d’empêcher le jugement d'avoir lieu, on lui refusa le passage d’une façon très-discourtoise et même avec quelque violence. Voyant qu’on lui interdisait l’accès de la cour, quoique on ne le refusât à personne, il pria quelques gentilshommes en créditdese chargerde remettre .fidèlement
1. Robertson, Pièc. histor., n* xix. Celte lettre ett en français.
2. lettre de Ürttrij à Cécil, Berwick, l.j avril 1567, dans Chalmers, t. 111,
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une lettre de Sa Majesté la reine d’Angleterre à la reine, leur souveraine; mais aucun ne voulut s’y prêter. Sur ces entrefaites, survint le curé d’Oldhamstock , nommé Heyborne', qui lui dit de la part du comte du Bothwell, que le comte, informé qu’il était porteur de lettres pour la reine, lui conseillait de se retirer et de prendre du repos, ou de faire ses affaires; car la reine était si tourmentée et si inquiète de l'affaire de ce jour, qu’il ne voyait pas qu’il y eût moyen d'exécuter sa commission avant la lin du procès. Là dessus, le lord de Skirling vint lui demander si ses lettres étaient du Conseil ou de Sa Majesté elle-même. Le prévôt répondit qu’elles étaient de Sa Majesté seule. « Vous serez, dit Skirling, bien- « tôt dépéché; » et, rentrant à l’intérieur, il pria le curé de lui tenir compagnie. Celui-ci, tout en s’acquittant de ce soin, remarqua que le prévôt avait un Écossais pour guide ; il en prit occasion de s’emporter et de menacer le guide de la potence pour avoir amené un de ces misérables Anglais qui venaient empêcher le jugement, et d'autres reproches encore plus rudës. En ce moment, Lethington sortit, Bothwell avec lui ; tous les lords et gentilshommes montèrent à cheval. Lethington s’approcha et demanda la lettre que le prévôt lui remit ; Bothwell et Lethington retournèrent chez la reine et resièrent au palais une demi-heure environ, la troupe des lords et des gentilshommes toujours à cheval, jusqu’à ce qu’ils ressortirent. Lethington fit mine de vouloir passer outre, sans mot dire; mais le prévôt poussa vers lui et lui demanda si la feine avait lu la lettre, et quels ordres il plairait à Sa Majesté de lui donner en retour. Lethington répondit que la reine était encore endormie, qu’il ne lui avait pas remis la lettre et ne croyait pas que ce fût possible avant la fin du jugement. » Sur quoi, il se mit en route pour le Tolbooth. Oui ne reconnaît une farce effrontée des deux acteurs principaux, Bothwell et Lethington ? Ils jugèrent à propos d’intercepter la lettre d’Élisabeth. Sans examiner la question desavoir si Marie Stuart