‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 135 sur 257 · I. Curé sécularisé · texte numérisé non relu

I. Curé sécularisé

LE JUGEMENT DE BOTHWELL

aurait pu admettre l'ingérence d’une reine étrangère, et son ennemie, dans les affaires intérieures de son royaume, il est certain qu’elle n’eut pas connaissance de la lettre de sa cousine en temps utile. Combien donc n’est-il pas injuste de dire, en fermant les yeux sur les laits : « Marie Stuart n’accéda ni à la juste requête de Lennox, ni au prévoyant conseil d’Ëlisabeth. Elle voulut que tout se passât comme Bothwell l'avait arrangé avec ses amis

Pour en finir avec les lettres d’avertissement, il en vint une autre vers le même temps, mais celle-ci d’un ami dévoué, l’archevêque de Glasgow, ambassadeur de Marie en France. Le sincère prélat (Paris, 9 mars), ne veut pas dissimuler à sa souveraine que l’on parle très -mal de sa noblesse et de tous ses sujets, que la calomnie ne la respecte même pas, et lui impute tout ce qui s’est passé. Il la conjure de tirer une vengeance éclatante de ce crime ; sans cela, il vaudrait mieux qu’elle eût tout perdu, même la vie. 11 faut qu’elle manifeste plus que jamais la vertu, la magnanimité et la constance que Dieu a mises en elle; elle conservera la réputation de piété qu’elle a dès longtemps acquise. Mais cette réputation ne brillera dans toute sa pureté qu’autant qu’elle aura fait justice.... Qu’elle mette sa confiance en Dieu, qu’elle le prie fidèlement, le serve de tout son cœur; elle puisera dans l’appui d’en haut des consolations qni lui donneront la force d’écarter ce qui peut lui nuire, et d’affermir le renom de vertu qu’elle a toujours possédé dans le monde. 11 la supplie de chercher sa force là seulement ; alors le reste de ses désirs s’accompliront à sa satisfaction et à son honneur; autrement ce ne sera, il le craint bien, que le commencement et le premier acte de la tragédie*.

Cette lettre, empreinte d’une certaine sévérité, ne renferme aucune allusion, si légère qu’elle soit, à Bothwell. L’archevêque paraît avoir deux préoccupations principales : la

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