I. Miss Strickland, t. V, p
Morton, à l’heure du supplice, ne parla pas des arquebusiers. Sachant, avoua-t-il cyniquement aux ministres presbytériens, que Bothwell était l’assassin du roi , il ne s’était pas fait scrupule de signer un bond portant promesse de l’aider à se défendre et à se tirer d’affaire, si quelqu’un l’accusait de ce meurtre; de même il l’avait recommandé à la reine comme époux, ainsi qu’avaient fait d’autres de la noblesse*. Si donc les meneurs comme Morton signèrent le bond, c’est tout uniment que le mariage de Marie Stuart avec Bothwell faisait partie de leurs plans.
Ainsi Marie Stuart était poussée vers l’abîme qu’elle ne soupçonnait pas. Mais quoi! nous dit-on, elle l’aurait vu, si elle n’avait été éprise si passionnément de Bothwell, car un ami fidèle essaya de lui dessiller les yeux. Melvil affirme que lord Herries se rendit exprès à Edimbourg, et là, aux pieds de Marie Stuart, il « la conjura de ne point épouser celui que tout le pays regardait comme le meurtrier de son mari, si elle ne voulait pas compromettre son honneur, exposer son fils et se perdre elle-même. La reine parut surprise, et lui répondit, avec sa dissimulation accoutumée , qu’elle ne comprenait rien à ce bruit, vu que son cœur ne lui avait jamais rien dit pour Bothwell. Après lui avoir donné ce salutaire mais inutile avis, Herries s’en retourna en toute hâte avec des chevaux qu'il avait placés en relais sur la route, afin d’échapper aux poursuites de Bothwell’. » Certes le trait est intéressant, et l’on suit du regard, non sans émotion, ce brave serviteur galopant loin d’tôdimbourg, avec ses cinquante hommes (autre détail) auxquels, par précaution, il avait fait acheter des lances neuves. Une chose pourtant nous embarrasse. Si lord Herries vint tout exprès braver un péril qu’il savait presque mortel, si, le conseil donné, il s’enfuit sur les ailes d’une juste frayeur, qu’on nous dise par
1. Miss Strickland, id. ib. Il ajoutait qu’ils y avaient été contraints par le commandement et l’écrit (le la reine.