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présenter, outre le bond, cette prétendue pièce, par laquelle la reine autorisait les lords à sanctionner son mariage avec Bothwell*. « Avant de l’avoir, disent-ils, il n’y en avait pas un qui eût voulu mettre la main dans l’affaire, le comte d’Huntly excepté*. »
Caution médiocre, celle des auteurs de la Detectio , de Y Aclio et du journal de Murray. Non pas qu’il soit absolument impossible qu’un papier de ce genre ait été produit au souper, comme émané de la reine. Mais alors c’était une fraude de Bothwell. De ce warrant, il ne fut pas question dans l’histoire jusqu’aux conférences d’York, où Lethington le communiqua aux commissaires anglais secrètement, comme ils le racontent à Élisabeth*. Que de bruit les lords n’en auraient-ils pas fait, s’il eût existé, pour établir la complicité de la reine avec Bothwell, quand ils l’eurent détrônée, un mois après le mariage qu’ils venaient de conseiller si chaudement. Autre argument : le 14 mai, veille de cette fatale union, Marie Stuart accorda un pardon formel aux signataires du bond. Comment lui eussent-ils demandé une garantie de cette sorte, si, le 19 avril, elle les avait exhortés par écrit à seconder les vues de Bothwell ?
Ils avaient donc signé le bond « bien malgré eux, sur ce qu’on leur avait communiqué le warrant de la reine, et aussi par peur, ajoutèrent-ils, plus que par toute autre raison •*. Car on avait disposé autour de la salle du repas deux cents arquebusiers à la dévotion de Bothwell ; et, disaient-ils encore aux commissaires anglais avec ce front qui ne rougissait pas, cela leur avait tellement déplu, que dès
1. Goodall, Append. p. 140. * Whereby she gave them licence to agréé to the same (marriage). »
2. Le râle attribué au cumte d’Huntly par les ennemis de Marie Stuart, dans l’enlèvement de la reine, le 24 avril suivant, nous donnera la clef de l'exception faite ici (Voy. ch. vin.).
3. Voy. leur lettre du 11 octobre 1568 à Elisabeth, dans Goodall, Append. p. 139-143. Marie Stuart ne fut pas informée des pièces apportées contre elle par ses ennemis; encore moins admise è les discuter et à les réfuter.
4. Goodall, Append. p. 140-1. — Mure for fear than otherwayes.
SON MARIAGE AVEC BOTHWELL
quatre heures du matin, il ne restait plus qu’un bien petit nombre de lords ou même pas un seul dans la ville, et qu’ils partirent sans prendre congé.
Il est difficile de descendre plus bas. Confesser ainsi devant le gouvernement superbe, ennemi éternel de leur pays, confesser leur lâcheté, sans sourciller! et une lâcheté qu’ils n’avaient pas commise! Comment croire, en effet, qu’on ait osé employer cette violence énorme contre la première noblesse d’Écosse; que cetle noblesse réunie, en tout temps si prompte et si rude, soutenue de la nombreuse clientèle de gentilshommes qui remplissaient alors Edimbourg, ait eu si peur qu’elle ait signé en hâte les engagements qui lui répugnaient le plus? Comment Bothwell pouvait-il croire que les lords se tiendraient pour liés par une promesse extorquée de vive force? Comment laissait-il aller libres, dès le matin, des hommes qu’il venait d’offenser mortellement ? Comment aussi se fait-il que ces mômes nobles, dans la révolution qu’ils accomplirent si peu de temps après ce souper, n’aient rien dit de la contrainte exercée sur eux, et que les arquebusiers n’aient surgi dans leur mémoire que dix-huit mois après l’événement, à York? Et puis, qu’étaient-ce que ces deux cents arquebusiers? C’était la seule troupe soldée, formant la garde de la reine. Cette nuit-là, du samedi au dimanche , elle se trouvait à Seton autour de Marie Stuart, et non pas à Èdimbourg. Elle était si peu à la dévotion de Bothwell que, le dimanche môme, elle se révolta pour la solde en présence de la reine ; Bothwell ayant saisi l’un des mutins, l’épée haute, les autres accoururent et le forcèrent de lâcher prise; on ne les apaisa que par la promesse de les satisfaire, et, en effet, la reine ordonna de leur distribuer quatre cents couronnes, deux couronnes par homme (ce qui fait bien les deux cents arquebusiers). — Est-ce avec une milice dans de telles dispositions, que l’on tente des coups d’Etat? Cet'e mutinerie est racontée par Bruryà Cécil, 24 avril 1567'. Plus tard.