quatre mois après le renversement de Marie Stuart
2. Les lords envoyèrent à Cécil une copie de la procédure faite au parlement de décembre 1567, contre Bothwell. Chalmers affirme (t. 111, p. 52, note r; p. 88, note x) que la comparaison de cette pièce avec l’acte authentique, publiée beaucoup plus tard, démontre qu’ils l’altérèrent. Cela se voit en effet à la p. 8 des Acta, t. III.
3. Déclaration du parlement de décembre 1567. — Acta parliamenl. . t. III, p. 8.
SON MARIAGE AVEC BOTHWELL
garda et retint la très-noble personne de notre dite très-chère mère1, dans une étroite prison et captivité, par force et à main armée, avec l’aide de ses amis et de ses clients, jusqu’au 6 du mois de mai passé; lequel jour, accompagné d’une troupe armée considérable, il la conduisit au château d’Edimbourg qui était en son pouvoir ; il l’emprisonna et la contraignit d’y demeurer jusqu’au onze dudit mois; ce jour, accompagné de sa nombreuse troupe armée, et afin de donner une meilleure couleur à ses crimes, à ses projets abominables et à ses trahisons, il la conduisit au palais d’Holyrood ; et dans les quatre jours, la contraignit de l’épouser5. » Le 14 mai, fut dressé le contrat de mariage*. Il est aisé de se moquer de ce que Bothwell y est appelé noble et puissant prince; de ce que Marie Stuart dit qu’elle veut sortir de son solitaire veuvage et augmenter sa descendance. Qu’importe ? Cela n’est-il pas du style de chancellerie? Et l’histoire du xvr siècle, celle d’Angleterre par exemple, n’abonde- t-elle pas en expressions de même espèce? Fixons plutôt notre attention sur ce qu’on y lit la déclaration réitérée, que la plus grande partie de la noblesse a prié la reine de se remarier, de préférer un de ses sujets à un étranger, et qu’elle lui a désigné formellement le noble prince, maintenant duc des Orcades. Laissons les malices de bagatelles; nous perdrions de vue la filiation véritable des événements.
Cependant le pardon accordé à Bothwell et à ceux qui avaient joué un rôle dans l’enlèvement, ne rassurait pas les signataires du bond d’Anslie,tant il est vrai que c’était ce bond qui avait engendré l’enlèvement. Ils sollicitèrent, mais ils n’obtinrent que le 14 mai, un pardon en forme. Marie promettait sur sa parole de princesse, que ni elle, ni ses successeurs, n’imputeraient jamais à crime, ni à offense à aucun des signataires la signature qu’ils avaient donnée ; que jamais
1. On se souvient que c’est le jeune Jacques VI qui est censé parler. 7. The acts of the parlements of Scotland, t. III, p. 8.