‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 180 sur 257 · I. Keith, p · texte numérisé non relu

I. Keith, p

CHUTE 1)E MARIE STUART

six cents à trois mille, bien équipés et bien armés. On connaît leur fameuse enseigne blanche où était figuré le cadavre du roi, étendu sous un arbre verdoyant. Près de lui, son fils, à genoux, tenait une légende avec ces mots : O Seigneur, juge et venge ma cause! — Mais quoi ! n’est-il pas démontré que ces pieux tuteurs de l’orphelin étaient ceux-là mêmes qui l’avaient fait orphelin?

L’armée royale n’avait guère dépassé son chiffre primitif ; elle ne compensait point la quantité par la qualité. Presque point de nobles, sauf les lords Iloss et Borthwick4; quelques lairds du pays, vassaux de Bothwell ; pas de soldats aguerris, excepté une petite troupe de cavalerie sous David Home de Wedderburn, et les deux cenls arquebusiers de la garde, qui menaient avec eux trois fauconneaux ; le reste, campagnards accourus à la hâte, dépourvus d’armes presque autant que d’expérience; un chef aveuglément impétueux, qui, après les avoir fatigués la veille par une longue marche sous un soleil insupportable, les avait remis en mouvement après quelques heures de sommeil, sans pourvoir à leurs besoins, tellement que la reine elle-même n’avait pas eu le temps de rien prendre1. Entre ces éléments tumultuaires, aucune cohésion . « Beaucoup, dit Melvil, croyaient la reine d’intelligence avec les lords ; car ils savaient combien Bothwell la traitait mal, et quelles indignités il lui avait dites et faites depuis leur mariage. Il était si brutal et si soupçonneux, qu'il ne laissait pas passer un seul jour sans la rudoyer et sans lui faire répandre des larmes amères. Aussi une partie de ceux qui l’accompagnaient le détestaient, et les autres étaient persuadés qu’elle aspirait à se délivrer de lui. »

Bothwell s’arrêta dans la position de Carberry-hill, sur une colline à dix milles d'Edimbourg, et occupa le retranchement que les Anglais avaient construit en 1547, avant

t. Ilelat. du capit. d’inch- Keith , Teulet, p. 124. — Keith, p. 401, dit, d’après Calderwood, Selon, Yester et Borthwick. Mais le capitaine Inch-Keilh était témoin oculaire.

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