‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 193 sur 257 · Keith, p · texte numérisé non relu

Keith, p

CHUTE DE MARIE STUART. 425

dit : « A en croire Melvil, ils avaient eu communication d’une lettre écrite par elle à Bothwell 1 ». On s’attendrait que l’historien , partant d’une formule dubitative, se demandera si Melvil est réellement croyable; et qu’il soumettra la narration à un examen critique, d’autant plus que d’autres historiens, même très-contraires à Marie, l’ont répudiée. Mais non, il n’éprouve ni scrupule, ni hésitation ; et quelques lignes plus bas, le témoignage de Melvil est par lui admis de plain-pied aux honneurs de la certitude. L'examen qu’il n’a pas jugé à propos défaire, nous allons l’essayer.

D’abord, il est très-curieux que les lords justifient leur manquement de foi de la soirée du 15 par une lettre qu’ils auraient saisie dans la nuit du 15 au 16, tout comme ils justifieront l'enlèvement de Marie Stuart dans la nuit du 16 au 17, et sa relégation à Lochleven, par les lettres de la cassette de vermeil qu’ils raconteront avoir saisie le 20. Ensuite, comment admettre que Marie Stuart, à peine dans la maison du prévôt, ait trouvé les moyens d’écrire cette lettre, lorsqu’on l’avait scellée dans une réclusion absolue, et qu'on négligea de la pourvoir de vêtements de réchange, et même de lui donner de l’eau? Le soldat qui aurait livré l’écrit aux nobles, ne fut ni interrogé, ni produit, ni seulement nommé. Kirkaldy, puisque son honneur étaitchatouilleux à ses heures, n’aurait-il pas exigé qu’une telle lettre fût rendue publique? Les lords n’avaient-ils pas intérêt à la divulguer, lorsque précisément leur warrant contre Marie Stuart, n’avait pas d’autre fondement que le refus obstiné de cette princesse de se séparer de Bothwell? Refus de se séparer! mais qu'avaitelle donc fait en le quittant malgré lui à Carberry-Hill? Lorsqu’au mois de juillet, arriva en Ecosse l’ambassadeur anglais Throckmorton, muni d’instructions à demi favorables à la captive, Morton qui lui résista vivement, ne se prévalut pas de cette lettre. Jamais il n’en fut question dans les conférences d’York et de Londres. Et cependant quel précieux

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