‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 53 sur 257 · Detectio, p · texte numérisé non relu

Detectio, p

2. Knox : « Le roi, étant averti, courut la poste de Stirling à Jedburgh, où il trouva que la reiue entrait en convalescence; mais elle voulut à peine lui parler. » 11 ne courut pas la poste; il ne vint pas de Stirling, mais de Glasgow, et probablement la dernière affirmation n’est pas plus exacte que les premières.

Oue dire de Roberston? « Le roi, qui résidait A Stirling, n’approcha pas de Jedburgh tant que dura la maladie de la reine, et lorsqu’ensuite il jugea convenable d’y paraître (5 novembre), il y roçul un accueil extrêmement froid, qui lui ôta l’envie d’y faire un long séjour. » Négligeons les inexactitudes de détail (Stirling, 5 novembre). Se peut-il que la partialité systématique aveugle un esprit tel que Robertson, au point d’attribuer Ici le beau rôle i Darnley et dans de pareils termes?

burgh et repartit immédiatement pour Glasgow (t.I,p. 248). » La signification de ce passage est de mettre en saillie Bothwell , sa familiarité avec la reine , et l’impatience que sa présence cause à Darnley. Mais accouru est-il bien le mot, puisque Bothwell ne parut à Jedburgh que vers le 25 octobre, huit jours après le commencement de la maladie ? Chose singulière : ces deux amants supposés, qu’on nous dépeint toujours accourant l’un vers l’autre, attendent chaque fois huit jours, avant de céder à cet irrésistible entrainement dont ils sont possédés. M. Mignet semble indiquer que Bothwell vint en même temps que le Conseil privé. Or le Conseil avait suivi la reine dès le 8 octobre; cela est prouvé par les registres qui font mention de ses séances à Jedburgh. Et puis, n’est-il pas tout simple que Bothwell, en convalescence, sachant l’extrême danger de la reine, se rende auprès d’elle? En quoi cela est-il plus compromettant pour lui et pour elle, que pour les autres seigneurs du royaume? Rappelons encore que Darnley, qu’on croirait ici mis en fuite par la vue du comte, ne manifesta jamais de jalousie contre lui.

Marie Stuart fut retenue à Jedburgh par le manque de forces jusqu’au 9 novembre 1566, comme il résulte des comptes du trésorier*. Le 9, elle quitta ce pays qu’elle avait pacifié sans une seule exécution à mort*, car elle n’aimait ni le sang, ni la vengeance. Elle parcourut lentement la pittoresque vallée de la Tweed jusqu’à Berwick, ensuite le bord de la mer jusqu’à Dunbar. Un brillant cortège de huit cents à mille cavaliers, c’est-à-dire la noblesse du pays lui en faisait les honneurs, sans compter les membres du Conseil privé, Murray, Athol, Iluntly , Rothes, l’évêque de Ross, Mailland de Lethington et Bothwell. Ce dernier figurait comme membre du Conseil, comme shériffdes trois comtés

1. Cités par Cbalmers, t. II, p. 442, divers payements faits à la date du 30 novembre, pour frais de séjour à Jedburgh, du 9 octobre au 8 novembre inclusivement.

2. Miss Strickl&nd, V, p. 32, d’après les lettres de sir John Forster, lieutenant du comte de Bedford, & Cécii.

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(Teviotdale, Merse et Lothinn) que Marie visitait, et comme principal feudataire de la couronne dans cette partie du royaume. Aux approches de Berwick, place anglaise à l'embouchure de la Tweed, on vit arriver sir John Furster, lieutenant du comte de Bedford, à lu tète d'un brillant escadron. Il rendit à la reine d’Kcosse les mêmes respects qu'à sa propre souveraine. Tel est, en gros, le voyage que les ennemis de Marie Stuart n’ont pas craint de changer en un tête-à-tête entre deux amants éhontés , et dont le journal de Murray marque pertinemment les étapes scandaleuses. • 5 novembre. L i reine et Bothwell allèrent à Kelso et y habitèrent deux nuits. — .7. Iis allèrent à Langton. — 9. Ils allèrent à Wedderburn. — 10. Ils allèrent à üoldingham où lady Reres et ceux qui étaient avec elle lurent surpris par la garde1. — 12. Ils allèrent à Dunbar et y restèrent trois nuits. — 16. Ils allèrent à Tantallon, chez le laird de Bass. — 17. Ils retournèrent à Craigmillar’.... » D'abord il est taux que MarieStuart fût à Kelso du 5 au 7 novembre, puisqu’elle ne partit de Jedburgh que le 9 ; les registres du Conseil privé constatent précisément que, le 5 novembre, il y eut une séance à Jedburgh, que Murray, Bothwell et leurs collègues y assistèrent5. Marie n’était pas davantage le 7 à Langton, puisqu’elle habita Jedburgh jusqu’au 9. Quant au reste de l’itinéraire, voici un témoin inattendu et irrécusable. Maitiand de Lcthington, qui suivit la reine jusqu’au 19, et la quitta ce jour pour se rendre à Wittingham *, écrivit à Cécil et à Morton le détail de la route. Maitiand est dans le cœur un ennemi de sa souveraine; Morton est le complice passé, présent et futur de Maitiand. Caché en Angleterre aux environs d’Alnwick, il guette impatiemment l’occasion et l’heure du retour. Si donc Marie a provoqué l’indignation publique par sa passion pour

1. C'est-à-dire surpris au moment où lady Keres conduisait Bothwell chez la reine.

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