‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 52 sur 257 · Keith, Append., p. 134. 136, lettre du 26-27 octobre · texte numérisé non relu

Keith, Append., p. 134. 136, lettre du 26-27 octobre

3. Miss Strickland, t V, p. 19, rapporte que pendant le retour de l’Ermitage à Jedburgh, comme on traversait une prairie marécageuse, le cheval de la reine s’abattit dans une fondrière dont elle eut de la peine à se dégager. Son éperon se brisa dans la chute.

4. Miss Strickland, t. IV, p. 227, et passim. Marie Stuart avait toujours été tourmentée par des maladies fréquentes et très-dangereuses, ayant le

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lucide, elle recommanda la concorde aux lords, son dis au roi de France et à la reine Élisabeth ; elle pardonna à tous ses ennemis, demanda pour les catholiques d’Ecosse la même tolérance qu’elle avait accordée aux protestants, et déclara qu’elle mourait dans la religion catholique, tout cela d’une manière si douce et si touchante, que Knox lui-même en est désarmé. Taudis que protestants et catholiques, amis et ennemis, se pressaient émus autour de ce lit enveloppé des ombres de la mort, que faisait l’époux, celui qu’elle n’avait pas offensé, et qui lui-même l’avait offensée si cruellement? Uarnley, soit qu’il mît avant le devoir qui l’appelait près de sa femme, ses bouderies et scs velléités de départ, ou bien la crainte de quelque entreprise des grands contre sa personne, s’amusait aux chiens et aux faucons avec son père aux environs de Glasgow. « Le roy est à Glasco , écrit du Croc, et n’est point venu icy. Si est ce qu’il a été adverty par quelqu’un, et a eu du temps assez pour venir s’il eust voullu; c’est une faulte que je ne puis excuser'. » « Le roi, dit l'évêque de Koss à l’archevêque de Glasgow (20 octobre), est pendant tout ce temps à Glasgow, et il n’est pas encore venu voir Sa Majesté. » 11 parut enfin le 28 du mois, le lendemain d'une crise heureuse où la jeunesse de la malade avait surmonté le mal. Il est permis de croire que l’entrevue des deux époux fut assez froide. Du moins Darnley, logé dans une maison appartenant à lord Home , ne resta qu’une seule nuit à Jedburgh. Marie avait pourtant essayé plus d’un effort pour le ramener. En quittant Edimbourg, le 8 octobre, elle avait prié du Croc d'y rester cinq ou six jours; et ce temps,

même caractère que celle-ci. D’où il suit que c’est foroer les choses, que d'attribuer l’atteinte de Jedburgh au chagrin. L’obscnatiou aura son utilité par la suite.

I. lettre A l’arche^éque de filasgow, Jedburgh 2i octobre 1568; Keith, Append., p. 133. — Miss Strickland, t. V, p. 27, sc trompe par scrupule de justice sur le sens de ce passage. Elle pouse que les mots si est- ce qu'tl it esté adrerty , ont un sens dubitatif et qu’il faut croire que Darnley n'avait pas été averti; mais, dans le vieux français, le si employé de celle manière est aflirmatif.

il l’avait employé en conversations avec Lonnox et Darnley, dans un rendez-vous qu’avait demandé le second, à moitié chemin d’Édimbourg et de Glasgow. Du Croc gagna sur lui de ne pas quitter l’Ecosse, sans parvenir à dissiper ses mécontentements. Ensuite il rejoignit la reine pour lui rendre compte de ce qui s’était passé. Darnley ne savait où il en était; il aurait voulu qu’elle le rappelât directement1 2 3. Lors du voyage qu’il fit de si mauvaise grâce à Jedburgh, il s’entretint la plus grande partie de l’unique nuit qu’il y re. ta avec du Croc, qui ne s’explique pas autrement’. Mais évidemment le sage ambassadeur ne persuada pas cet obstiné.

Maintenant revenons encore à Buchanan et ne nous étonnons pas de ses nouveaux mensonges. « Le roi, dès qu’il est informé de cette maladie, brûle la route jusqu’à Jedburgh, afin de visiter la reine, de la consoler dans son abattement, et de lui témoigner, par tous les moyens en son pouvoir, son empressement à lui être agréable*. » Mais la reine, « quelle barbare inhumanité! • défendit que personne le saluât, ni lui donnât l’hospitalité pour la nuit. Elle voulut même que la comtesse de Murray fit la malade pour ne pas le loger. « Privé ainsi des plus simples égards d’humanité, il retourne le lendemain dans sa solitude, le coeur navré. »

« Tandis que le roi, dépourvu également d’argent et d’amis, a trouvé à grand peine un misérable abri4, Bothwell, tiré de la maison où on l’avait établi d’abord, est transféré en triomphateur du roi, au vu et au su de tous, dans la maison de la reine, et dans une chambre au-dessous de la chain-

1. Du Croc à l’archevêque de Glasgow, 15 octobre; Keith, p. 347. — A Catheriue de Médicis, 17 octobre; LabanofT, t. I, p. 377, 378.

2. Lettre de du Croc <1 l'archevêque <te tllasgotc, Edimbourg, 2 décembre 17)66: Keith, préface, p. vit.

3. Pour tire plus édifiant, Buchanan, en transportant la Delectia dans son His oire d’Ecosse, p. 348, ajoute: * 11 voulait aussi, comme cela se pratique dans l’extrême danger, au cas que le repentir pénétrât dans son coeur, la ramener à la pensée d’une vie plus pure. r

4. I'recarium gurgustium , une méchante gargote. Dans lllistoirc d’Ernsic. il n’en est plus ainsi. l.ord Home fait semblant d'être obligé de quitter subitement Jedburgh, et parcelle ruse cède sa maison à Darnley.

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bre à coucher de cette princesse. Quoique souffrants tous deux, elle de sa maladie, lui de sa blessure, la reine, malgré son extrême faiblesse, allait le voir chaque jour. Dès que leur convalescence fut un peu avancée, sans attendre un entier rétablissement, ils reprirent leurs joûtes accoutumées ; et cela si publiquement , qu’ils semblaient n’avoir qu’une crainte, celle que leur infamie demeurât ignorée*. » Devons -nous répéter que les correspondances authentiques excluent absolument la possibilité de ces ignominies ; que les débauches après la maladie de la reine , ne sont pas plus vraies que celles d’avant la maladie? Du reste Buchanan se condamne lui-méme, en n'introduisant pas dans son Histoire d’iîcosse (L. XVIII, p. 349), les dernières phrases, à partir des visites quotidiennes de la reine à Bothwell. Le journal de Murray, tout venimeux qu’il est, se tait là-dessus, non pour épargner Marie, mais pour s’épargner à lui-même la responsabilité et le discrédit d’une calomnie par trop absurde. Il se contente de dire que le roi vint pour visiter la reine à Jedburgh, et qu’il fut repoussé*. Le même souffle conduit la plume de M. Mignet, qui nous parait avoir trop dédaigné le témoignage de du Croc : « Bothwell convalescent était accouru auprès d’elle avec les autres membres du conseil privé et plusieurs des lords les plus importants du royaume. Darnley l’y trouva en arrivant à Jedburgh.... La voyant mieux (la reine), il ne resta qu’une nuit à Jed-

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