‹ Marie Stuart et le Comte de BothwellChapitre 64 sur 257 · Goodall, t. I, p. 321. — Keith, p · texte numérisé non relu

Goodall, t. I, p. 321. — Keith, p

des étrangers, par la magnificence extraordinaire de son costume ; et pendant ce temps, son mari légitime, alors que son fils devait recevoir l’eau sainte, était non-seulement privé de tout argent pour ses dépenses nécessaires, mais recevait la défense de se montrer devant les ambassadeurs. On lui ôta les serviteurs attachés à sa personne, et l’on interdit à la noblesse de lui rendre aucun devoir. » La noblesse, de son côté, ne peut se défendre d’une pitié profonde pour le jeune prince qu’une femme implacable laisse ainsi dans l’abandon. — N’oublions pas que ces nobles étaient les mêmes qui élaboraient alors un plan d’assassinat contre lui. — La reine, continue notre auteur, expliqua l’absence du roi, sur ce que les ouvriers n’avaient pas terminé ses vêtements à temps, « tandis qu’elle avait fait de sa propre main presque tous les ornements qui paraient Bothwell. Elle invita même les envoyés étrangers à ne pas s’entretenir avec le roi, quoiqu’ils dussent passer la plus grande partie du jour tout près de lui, sous le même toit *. »

Ce passage a inspiré évidemment M. Mignet, juge si sévère de Marie Stuart. Mais pour le dénüment supposé de Darnley, c’est la continuation du mensonge auquel nous avons déjà opposé les paroles que du Croc adressait à Darnley lui-même, au commencement d’octobre : « qu’il se doit bien contenter de l’honneur et bonne chère qu’elle (la reine) lui faict , le traictant et honorant comme le roy, son mary, et luy entretient fort bien sa maison de toutes choses (lettre à Catherine de Médicis, 17 octobre 1566). » Il y a pourtant un point de vérité dans l’assertion que Marie s’occupa de la toilette de Bothwell; mais Buchanan, selon sa coutume, l'a étendu abusivement. Le 19 septembre sir JohnForster raconteà Cécilquela reine, pardonnons-lui cet amusement féminin, examinant et assortissant sesjoyaux, choisit les couleurs que les principaux des nobles porteraient à la fête dont elle s’occupait de loin avec tant d’amour, et qu’elle donna de ses deniers un habillement com-

t. Henirn scolic , lib. xvut, p. 349.

144 LES ASSISES DE JEDBURGH

plet, vert à Murray, rouge pour Argyle, bleu à Bothwell Voilà le fond des déclamations de Buchanan.

Alors, pourquoi donc, si Marie Stuart est pure des reproches qu’on lui adresse dans ces circonstances , pourquoi Darnley observa-t-il cet isolement farouche, le cœur fermé aux joies paternelles? C’est pour un motif que Buchanan a passé sous silence, et le seul que M. Mignet n’ait pas touché. Nous avons dit qu’Élisabeth faisait profession de colère contre Darnley, pour avoir, malgré sa défense, épousé la reine d'Ecosse. Elle avait saisi les biens du comte de Lennox en Angleterre et tenait la comtesse en prison. Si néanmoins, jouant le rôle de bonne sœur, elle consentit sans se faire prier, à tenir le fils de Marie Stuart sur les fonts de baptême, la perfide prit soin d’empoisonner pour le mari ce qui était une complaisance aimable pour l'épouse. Elle défendit expressément au comte de Bedford, et le comte aux gens de sa suite, de saluer Darnley du titre de roi ’. Il est vrai que ceci ne se trouve pas dans les instructions écrites que Bedford emporta’; mais en de telles matières, des instructions verbales suflisent. Darnley en avait le pressentiment. Du Croc, dans sa lettre du 17 octobre à Catherine de Médicis, lettre où nous avons déjà puisé, soupçonne que la colère du prince, le 29 septembre, et son séjour obstiné à Glasgow , sont calculés ; qu’il veut « temporiser jusqu’après le baptesme, pour ne s’y trouver poinct. Car je ne vois que deux choses qui le désespèrent : selon mon opinion, la première est la réconciliation des seigneurs avec la royne, parce qu’il est jaloux de ce qu’ils font plus de cas de Sa Majesté que de luy, et comme il est tiault et superbe, il ne vouldroit pas que les estrangiers le cognussent; l’autre, c’est qu’il s’assure que celuy ou celle qui viendroit pour la royne d’Angleterre audict baptesme ne fera compte de luy. Il prend une poeur de recepvoir une honte. S’il estoyt bien advisez et conseillez, il n’entrepran-

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